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Michael Jordan avait ce qu’il fallait pour jouer dans la MLB

Il n’y aura jamais un joueur de basketball aussi grandiose et iconique que Michael Jordan. Même si un homme venait à répliquer ses exploits sur le terrain, il ne serait jamais en mesure d’avoir un aussi gros impact que MJ à l’extérieur du parquet. Néanmoins, le parcours du #23 est teinté de quelques bémols. Le premier qui vient en tête concerne évidemment sa première retraite. Après avoir remporté un troisième championnat consécutif à 29 ans, Michael Jordan quitte la NBA et rejoint les rangs des Barons de Birmingham, le club-école Double-A des White Sox de Chicago. Son nouveau rêve? La MLB. S’il n’avait pas effectué un retour avec les Bulls en 1995, aurait-il été en mesure d’atteindre le baseball majeur?

Selon des joueurs qui l’ont côtoyé avec les Barons, la réponse est complexe.

CBS Sports a contacté quelques-uns de ses anciens coéquipiers afin de savoir comment c’était de jouer avec la légende du basketball… au baseball.

L’ancien lanceur Mike Bertotti a parlé des papillons qui se sont introduits dans son estomac lorsqu’il a réalisé qu’il serait son nouveau voisin de casier. Croyant que l’arrivée d’autres joueurs l’aiderait à être moins anxieux, il a été surpris de constater que Michael était le premier arrivé au stade – près de 90 minutes avant la pratique.

« J’étais aux anges, je lui dit ‘Bonjour M. Jordan, mon nom est Mike Bertotti’. Il se présente ‘Michael Jordan’ et je réplique ‘Ouais, je sais qui tu es.’ »

Perçu comme un demi-dieu, Air Jordan n’a toutefois pas eu de difficulté à devenir one of the guys dans son nouveau vestiaire.

« Il faisait les voyages en autobus. Il transportait ses sacs. Il stationnait sa voiture. Il était le premier à offrir un ‘high-five’ dans l’abri des joueurs. »

Bertotti explique que Jordan était constamment le premier sur le terrain, qu’il pratiquait après les parties et qu’il n’arrêtait tout simplement jamais de travailler.

Mais comme plusieurs le savent, l’éthique du travail n’est pas toujours traduite par du succès instantané. Malgré son effort remarquable et inhumain, Michael Jordan demeurait un athlète de 31 ans qui n’avait pas joué au baseball depuis plus de 10 ans et qui n’aurait jamais dû être assigné au Double-A.

Lors de cette saison durant laquelle il disputera 127 matchs, MJ effectuera 436 apparitions au bâton et frappera la balle en lieu sûr à 88 reprises pour une moyenne au bâton de ,202. Il frappe trois circuits, vole un but à 30 reprises et soutire 51 buts sur balles. Ainsi, son OBP atteint ,289.

Barry Johnson explique que Michael manquait d’instinct et que ça devenait un problème en défense. Lorsque certains membres de l’équipe ont demandé à l’entraîneur de le transférer du champ droit au champ gauche, le coach a répondu que la décision venait d’en haut.

Photo : ESPN

Toutefois, il faut lui donner du crédit. À travers la saison, il s’améliore énormément, réinvente son swing et commence à analyser avec passion le jeu.

Alors, la fameuse question : aurait-il pu enfiler un uniforme de la MLB? Barry Johnson se prononce.

« Si tu analyses ce qu’il a accompli durant sa saison à Birmingham, tu considères sa moyenne tout en considérant qu’il a été bien meilleur à partir de la moitié de la saison, qu’il a été extrêmement bon dans la Fall League contre les meilleurs espoirs du baseball majeur… Pour l’avoir côtoyé quotidiennement pendant six mois et en connaissant son éthique du travail… Je ne crois pas qu’il est fou de croire qu’il aurait pu enfiler un uniforme des grandes ligues. »

Même ses critiques étaient en mesure de reconnaître son potentiel. En 1994, le receveur étoile John Stearns a mentionné qu’il était possible de le voir dans la MLB.

« Michael ne peut pas jouer au baseball, mais il n’est pas terrible. Il n’a pas de puissance. Il est pire que la moyenne défensivement. Il ne peut pas lancer. Ses instincts sont médiocres. Mais il peut courir un peu et frapper un peu. Considérant qu’il n’a pas joué depuis des années, il est incroyable qu’il soit encore en mesure de survivre. Il n’est pas un espoir à mes yeux, mais il pourrait jouer dans la grande ligue. Tu pourrais le prendre comme 25e homme. Pourquoi pas? »

Au final, on n’aura jamais de réponse concrète. Le lock-out de 1995 fera en sorte que Michael décide de revenir dans la NBA, considérant qu’il ne pouvait plus se développer à un rythme acceptable. Il est toutefois fascinant de considérer un univers parallèle dans lequel MJ devient un joueur de baseball majeur, et non le plus grand joueur de basketball de tous les temps.

Les épisodes 7 et 8 de The Last Dance feront part de sa carrière au baseball. Ne manquez pas le résumé de cette facette du documentaire lundi matin sur PassionMLB.com, que je vous invite d’ailleurs à suivre sur Facebook.