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Le passage sous-estimé de Michael Jordan à Washington

Le documentaire The Last Dance est maintenant terminé et toutes les facettes de la carrière de Michael Jordan en tant que joueur ont été revisités… Presque. En raison de l’aspect moins glorieux de ses deux années avec les Wizards de Washington, cette portion de sa carrière dans la NBA ne fut pas abordée. Par contre, elle fut plus impressionnante que la majorité des personnes ne le pensent. À ce moment-là, MJ était encore capable de choses inhumaines.

Alors qu’il commence à s’entraîner pour son retour, une tendinite dans son genou droit l’embête. Il s’agit du premier véritable obstacle physique incontrôlable qui l’affecte depuis qu’il a mis les pieds dans la NBA. À 38 ans, ton corps n’est plus le même qu’à 28 ans. On dit souvent que les exploits de LeBron sont remarquables à 35 ans, mais si Mike n’avait jamais pris sa retraite, il est possible qu’il ait été aussi dominant que King James au même âge. Alors que la quarantaine approche, Mike jouera 35 minutes par match en 2001-2002 et 37 minutes par match en 2002-2003.

Il s’agira de loin de ses deux pires saisons en carrière, d’un point de vue de marqueur. Pour la première fois depuis sa deuxième saison dans la NBA – où il devait respecter une limite de minutes – il marque moins de 26 points par match. Il enregistre sa pire saison PER 36 en 2002-2003, avec moins de 20 points par 36 minutes de jeu.

Mais lorsqu’on est le plus grand joueur de tous les temps, les attentes sont élevées. Évidemment, Michael n’était plus le même. Mais il pouvait encore jouer au basketball et avoir un impact sur son équipe.

2001-2002

Michael Jordan revient au jeu au Madison Square Garden, son endroit préféré de la NBA. En 37 minutes, il cumule une ligne de statistiques de 19 PTS, 6 AST, 5 REB, 4 STL. On oublie que c’est Jordan, et il est impossible de dire qu’il s’agit d’une performance décevante, venant d’un homme de cet âge. À titre de comparaison, Vince Carter a terminé sa saison de 38 ans avec une moyenne de 5.8 PTS par match.

Bien sûr, il n’atteint pas la barre des 20 points à 10 reprises au cours de ses 26 premiers matchs.

Lors du 27e, ça se gâche. Lors d’une visite en Indiana, la légende inscrit 6 points sur une efficacité de 2/10 du terrain. Sa séquence de 866 matchs sans inscrire moins de 10 points est terminée et son entraîneur-chef coupe ses minutes. Doug Collins raconte que Michael était furieux.

« Michael Jordan m’avait embauché. Il était propriétaire minoritaire et président des opérations basketball. Je ne vais jamais oublier ce moment, pour moi c’était grandiose. Il saute dans l’autobus, s’assoit. Il me regarde et me demande  »Penses-tu que je peux encore jouer? » et je réponds  »Absolument, c’est pourquoi je suis ici ». Il me répond  »Tu sais, pour être mon entraîneur, tu dois croire en moi et croire que je peux encore jouer » et je lui réponds que je crois en lui. »

Le match suivant, Michael répond à l’adversité comme il l’a toujours fait dans sa carrière, en dominant. Il inscrit pas moins de 51 points. Le soir suivant, il en marque 45, tout en cumulant 7 passes et 10 rebonds.

Bien évidemment, il connaîtra d’autres soirées décevantes, surtout vers la fin de la saison, alors que sa douleur au genou devient incontrôlable. Ses 14 derniers matchs auront été disputés en endurant une blessure au ménisque. Avant cette blessure, il connaissait une saison de 25 points, 6 passes et 5 rebonds.

Malgré tout, il aura inscrit 20 points ou plus à 36 reprises au cours de cette saison – incluant 11 matchs de plus de 30 points et 4 matchs de 40 points.

Mais c’est du point de vue de l’équipe que ça devient plus impressionnant. Un club qui avait gagné 20 matchs la saison précédente était en voie de participer aux séries et d’avoir une chance d’obtenir le premier rang de l’Est – avant sa blessure – grâce à l’impact offensif et défensif de Mike. La deuxième pire brigade défensive de la ligue était devenue la sixième meilleure de la NBA. Outre le fameux Kwame Brown, il était la seule addition de l’équipe au cours de l’entre-saison précédente. Et croyez-moi, Kwame n’était pas la raison derrière le succès de l’équipe.

2002-2003

Il dispute les 82 matchs de la campagne et termine avec une moyenne de 20 PTS, 4 AST et 6 REB à 40 ans – le plus vieux de l’histoire à accomplir l’exploit des 20 points par match.

Il marque 20 points ou plus à 42 reprises, incluant 6 matchs de 30 points et 3 matchs de 40 points.

Afin de démontrer pourquoi cette saison est sous-estimée, comparons les statistiques d’un joueur de 40 ans, affaibli par les blessures, à des joueurs qui évoluent présentement dans la NBA.

PTSASTREBSTL
Michael Jordan (2002-2003)20.03.86.21.5
DeMar DeRozan (2019-2020)22.21.05.80.2
PTSASTREBSTL
Michael Jordan (2002-2003)20.03.86.21.5
Khris Middleton (2019-2020)21.14.16.20.9
PTSASTREBSTL
Michael Jordan (2002-2003)20.03.86.21.5
Jimmy Butler (2019-2020)20.26.16.61.7

Michael Jordan a été incroyable, lors de cette saison. Il n’y a aucun doute. Dire que ses deux saisons avec les Wizards étaient sous-estimées serait presqu’un euphémisme… Puisque dans la NBA d’aujourd’hui, cette saison ferait partie du top 30, au niveau des points.

Respect à une légende qui a été très performante, même à 40 ans. Respect à ses deux saisons sous-estimées.