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Lebron James : « J’espère que nous avons rendu Kaepernick fier »

La saison 2019-2020 a officiellement été relancée jeudi soir, et les joueurs en ont profité pour offrir leur soutien aux luttes antiracistes américaines. Dans un moment historique, tous les joueurs des Pelicans, du Jazz, des Lakers et des Clippers ont posé un genou par terre lors de l’hymne national des États-Unis, accompagnés de leurs entraîneurs et des arbitres.

Lorsque le projet de bulle fut proposé en mai dernier, il est rapidement devenu prévisible que les joueurs allaient profiter de cette opportunité pour rediriger l’attention du public vers les luttes antiracistes. Le commissaire Adam Silver avait d’ailleurs autorisé les joueurs à afficher différents messages au dos de leur maillot, tels que « Black Lives Matters », « Equaliy » et  « Freedom ». La rassembleuse phrase « Black Lives Matters » a également été ajoutée directement sur le terrain principal de la bulle, à Orlando.

Rappelons-nous que le climat social aux États-Unis est complètement bouleversé depuis la mort de George Floyd, asphyxié en mai dernier lors de l’intervention d’un policier de Minneapolis qui l’a maintenu au sol en appuyant le genou sur sa nuque. Hier soir, les joueurs de la NBA ont donc tous posé un genou par terre lors de l’hymne national américain, en signe de solidarité aux manifestants antiracistes. L’entraîneur-chef des Clippers de Los Angeles, Doc Rivers, a d’ailleurs énoncé une forte analogie lors d’une entrevue après le match Lakers-Clippers :

« Combien de temps dure l’hymne national ? 2 minutes ? La chose la plus difficile pour moi aujourd’hui a été de poser un genou par terre pendant 2 minutes, parce que c’est douloureux. Pourtant, un gars a mis son genou sur le cou de quelqu’un pendant 8 minutes. Réfléchissez à ça. C’est complètement fou, quand on y pense. »

Doc Rivers via @Farbod_E (Twitter)

Lebron James des Lakers de Los Angeles a également pris le temps après le match de rendre hommage à Colin Kaepernick, en disant espérer l’avoir rendu fier:

L’ancien quart-arrière des 49ers de la NFL avait tenté d’instaurer ce mouvement contestataire en 2016, en guise de manifestation contre la brutalité policière dans les communautés noires aux États-Unis.  Son initiative symbolique lui a ultimement couté sa carrière dans la NFL. Du côté de la NBA, Mahmoud Abdul-Rauf, l’ancien meneur des Nuggets de Denver, avait effectué un geste similaire durant les années 1990 en demeurant assis pendant l’hymne national, ce qui lui a valu plusieurs suspensions.

À noter qu’un règlement de la NBA datant des années 1980 stipule qu’il est formellement interdit que des joueurs s’agenouillent durant l’hymne national. Adam Silver a néanmoins expliqué qu’il supportait entièrement les joueurs dans leur lutte contre le racisme systémique, et que cette règle sera abolie sous peu. La soirée d’hier constitue donc non seulement un événement important pour la lutte antiraciste, mais également un moment historique dans l’histoire du Sport.  Pour la première fois, tous les  joueurs – de toutes ethnicités – se sont ralliés autour d’une seule et même cause et ont été appuyés par la ligue dans leur mouvement.

Pour la plupart des fans de basketball, il est rafraîchissant de voir une ligue qui supporte ses joueurs, plutôt que les oppresser comme l’a fait la NFL avec Colin Kaepernick. Il est maintenant évident que la NBA ne vise pas seulement qu’à faire des profits avec la relance de la saison.  Elle souhaite également diriger l’attention vers la lutte sociale antiraciste, surtout dans le contexte actuel où manifestants et police fédérale s’affrontent violemment dans plusieurs villes des États-Unis.

– Chris Bosh présent comme fan virtuel lors du match Lakers-Clippers