Les séries de la NBA reprennent, mais le combat n’est pas terminé

Après une journée très mouvementée dans l’univers de la NBA hier, Woj et Shams ont rapporté ce matin que les séries allaient reprendre ce week-end à la suite du boycottage de quelques matchs. Les joueurs ont l’intention de continuer à s’exprimer et dénoncer les injustices raciales et sociales, mais ils réclament un appui plus grand de la part des dirigeants des 30 franchises du circuit. Comme le dit si bien le légendaire rappeur français Kery James, « le combat continue ».

Si ce bref arrêt de jeu a prouvé quelque chose, c’est entre autres que les joueurs possèdent un grand pouvoir. Leurs décisions peuvent avoir un impact direct sur la société et influencer les gens partout dans le monde. 

Dans l’immédiat, les athlètes présents dans la bulle d’Orlando désirent voir les millionnaires et milliardaires qui sont en charge des organisations de la ligue en faire plus. De belles paroles et des dons d’argent ne sont pas suffisants selon eux. Les propriétaires et les joueurs vont se rencontrer au cours de la journée pour parler d’un plan d’action concret, a rapporté Adrian Wojnarowski d’ESPN.

Les propriétaires ont non seulement les moyens financiers pour apporter de l’aide au mouvement qui tient à coeur à leurs joueurs, mais ils ont aussi, pour la plupart, de nombreux contacts étant capables d’apporter un changement réel. Il est possible pour eux d’entrer en contact avec des politiciens afin de les influencer à poser des gestes concrets.

L’effet du boycottage

Certains disent que le boycottage des matchs n’a rien changé. Néanmoins, toutes les chaînes sportives ne parlent pratiquement que de cela depuis hier. Même les chaînes de nouvelles traditionnelles en traitent. Par ailleurs, la NBA a, par sa décision radicale, influencé d’autres ligues professionnelles comme la WNBA et la MLB à suivre le pas.  

Il ne faut pas oublier qu’un réel changement ne se produit pas par magie du jour au lendemain. La conversation ne doit pas s’arrêter maintenant. Au contraire, il est l’heure de s’instruire sur le sujet. 

En discutant et en entendant les points des vues d’autrui, les gens vont réfléchir. Grâce aux informations provenant de l’extérieur, certaines personnes vont se questionner et peut-être faire des recherches. À partir de là, ils vont en parler avec leur entourage et ainsi de suite. Même si un sujet nous rend mal à l’aise, il est parfois essentiel de l’aborder. Sans ce boycottage, est-ce qu’on en parlerait en ce moment? En restant muet, on ne verra certainement aucun changement. Donc qu’est-ce qu’on perd à essayer? 

Un système inefficace

Si le meurtre cruel de George Floyd et la tentative de meurtre sur Jakob Blake atteint de 7 balles devant ses enfants ont été filmés, on ne peut que s’imaginer toutes les autres instances d’abus de pouvoir et de brutalité policière qui ne sont pas enregistrées par des citoyens et dont on n’entend pas parler.  

Il n’est pas question de droite ni de gauche, mais plutôt d’égalité. Les Afro-Américains veulent être traités de la même manière que leurs confrères blancs. Il n’y a rien de politique dans cette demande. Ils réclament simplement la justice pour tous. Est-ce trop demander?

La réforme du système policier américain ne va peut-être pas se faire aussi rapidement qu’on le souhaite. Cependant, elle est nécessaire. Les membres des forces de l’ordre ne peuvent pas croire qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent sans qu’il y ait des répercussions ou des conséquences. Ceux qui abattent des personnes innocentes ou non armées doivent être punis. Ainsi, leurs collègues vont y penser deux fois avant d’ouvrir le feu lorsque ce n’est pas nécessaire.

Les témoignages de joueurs 

Pour quelqu’un qui ne fait pas face aux mêmes enjeux et qui n’évolue pas dans la même réalité que ceux qui sont concernés, il peut être difficile de réellement comprendre la frustration de ces derniers. Il est toutefois possible et même primordial de faire preuve de compassion et d’être à l’écoute.

Les personnes lisant cet article sont fort probablement des amateurs de basketball. Ils soutiennent leurs joueurs préférés sur le terrain. Ils achètent leurs maillots. Ils sont derrière eux lorsqu’ils les divertissent, mais si ces athlètes arrêtent de les divertir, vont-ils continuer de les soutenir?

Il n’est pas normal que Vince Carter ait peur d’aller chercher son courrier le matin. 

Il n’est pas normal que Moe Harkless soit traité comme un moins que rien lors d’un contrôle alors que son petit frère de 14 ans et son neveu de 13 ans sont à bord de son véhicule (même s’ils n’étaient pas avec lui, ce serait inacceptable). 

Il ne s’agit là que de 2 témoignages parmi tant d’autres, mais ils sont indéniablement puissants. 

Différentes approches 

Certains basketteurs vont préférer rester dans la bulle et terminer la saison et d’autres vont peut-être décider de partir. Que l’on soit d’accord ou pas avec eux, il est important de respecter leur décision. Ils sont des êtres humains comme tout le monde après tout et ils sont libres de choisir ce qu’ils considèrent comme la meilleure option.

Draymond Green s’est exprimé hier et il a dit que selon lui, les joueurs devaient continuer d’utiliser leurs plateformes afin de dénoncer les injustices tout en étant très précis dans leurs demandes.

Jaylen Brown ainsi que plusieurs de ses collègues voient la participation à des manifestations comme l’une des meilleures façons pour partager leur mécontentement et faire entendre leur voix.

Beaucoup de joueurs insistent sur l’importance de voter. LeBron James est l’un d’eux. Le King a lancé son fameux organisme More Than a Vote il y a un moment déjà.

Il n’existe pas de vérité absolue. Chacun a le droit d’avoir son opinion, mais en partageant nos différents points de vue, on peut s’approcher d’un consensus. Il est important de garder le dialogue ouvert pour éventuellement mettre un plan d’action concret sur pied. Le silence n’est pas une option. 

Image par défaut
Dominic Gildener
Dominic étudie en journalisme à l'Université de Montréal. Il est passionné par la NBA depuis l'âge de 10 ans. À l'aide de sa plume, il souhaite partager cette passion avec le public. Il se dit satisfait de voir la popularité du basketball augmenter au Québec.
Publications: 223