Les Nuggets écrivent l’histoire et atteignent la finale de conférence

Une série à deux chapitres bien distincts vient de connaître son dénouement. Les Nuggets de Denver, menés par Jamal Murray et Nikola Jokic surprennent la planète basket, à nouveau, alors qu’ils surmontent un deuxième déficit de 3-1, dans le même parcours éliminatoire. Le match #7 d’hier soir, mardi le 15 septembre, en est un pour les livres d’histoire. Les Clippers de Los Angeles auront certainement beaucoup de réflexion à faire.

Marque finale : 104-89

La seconde franchise résidant à Los Angeles ne semble pas pouvoir briser l’apparente malédiction qui l’empêche d’atteindre les finales de conférence, exploit qu’elle n’est jamais parvenu à compléter, en 50 ans d’existence. Alors que cette année était sensée être la bonne, suite à un assemblement unique de talent du plus haut niveau, les attentes élevées n’ont pas pu être comblées.

Plusieurs envisageaient une Finale de la NBA mettant en vedette – et couronnant champions – les Clippers, qui possèdent l’un des alignements les plus complets de la ligue, mené par le grand Kawhi Leonard et son partenaire Paul George.

Jokic et sa bande ne devaient pas être au courant de toutes ces attentes envers leur adversaire, eux qui leur ont livré une dégelée à l’ultime match de la série. Oui, les deux stars de LA ne semblaient pas être au rendez-vous, mais tout le crédit revient à Denver et l’incroyable remontée qui a mis la table pour cette domination au septième match.

Nikola Jokic a été un véritable instrument chirurgical hier en disséquant la défensive opposante et en apportant son aide sur tous les plans, même défensif. Il récolte 16 points, 22 rebonds, 13 passes, 2 interceptions et 3 contres cruciaux.

L’étoile de la soirée s’est cependant avéré être, encore une fois, Jamal Murray, sans équivoque le meilleur joueur canadien du circuit, qui a su apposer le dernier clou dans le cercueil des Clips. Avec une efficacité au tir de 57.7%, Murray totalise 40 points et y ajoute 4 rebonds et 5 passes décisives.

Tout au long du match, Gary Harris et Jerami Grant ont prouvé leur utilité en convertissant leurs 3 points lors de moments importants et en dégageant beaucoup d’énergie sur les parquets. Ils récoltent tous deux 14 points, respectivement, mais les autres membres de la rotation régulière de Mike Malone ont aussi contribué adéquatement aux efforts des leurs.

La défensive des Nugs, une source de questionnement tout au long du calendrier régulier, a atteint un nouveau palier en éliminatoires, et ce n’était jamais plus évident que mardi soir. LA a été retenue à une conversion de seulement 38% du terrain et 26% du périmètre. Le Joker a aussi permis aux siens de mener au chapitre des rebonds, en récoltant 53, contre 37 pour les Cippers.

Une très belle démonstration du potentiel ahurissant de la concession du Colorado qui ira maintenant se mesurer à un autre ennemi de taille : les Lakers de Los Angeles. LeBron James, Anthony Davis et compagnie attendaient impatiemment le vainqueur de cette série de deuxième tour, depuis quelques jours déjà, et se doivent présentement d’être surpris par leur adversaire. Ils ne les prendront cependant pas à la légère.

Pour ce groupe qui a dépassé tous espoirs, c’est toutefois heure de célébration. Les Lakers viendront plus tard.

Blâme et implosion

Depuis la victoire écrasante des Nuggets, les internautes ont pris d’assaut les réseaux sociaux afin d’y distribuer tout le blâme aux Clippers qui auraient mis de l’avant l’une des plus grosses « choke jobs » jamais observée. Certains comparent même cette dégringolade à celle qu’ont connu les Warriors de Golden State dans le cadre de la Finale de la NBA, en 2016.

Bref, Paul George reçoit beaucoup de haine, plusieurs clament le départ de Doc Rivers et même Kawhi Leonard est victime d’accusations. Quoique ce dernier ne risque pas d’être affecté grandement par quelques commentaires désobligeants sur les réseaux sociaux.

Tout de même, la question se pose. À qui doit-on assigner le blâme de cette défaite humiliante? Peut-être qu’en réalité, ce n’est pas qu’un seul nom qui doit endosser cette responsabilité.

Paul George a déçu tout au long des éliminatoires et Kawhi a donc du combler son manque de production en récoltant une moyenne de 32 points par rencontre, mais même le Klaw s’est écroulé en fin de rencontre #7. L’ancien Raptor n’était simplement pas dans son assiette et la défensive étouffante de ses opposants s’est avéré être trop pour lui.

Leonard n’a marqué que 14 points hier en réussissant 6 lancers sur 22. George, son acolyte qui arborait aussi jadis l’étiquette de superstar, s’est complètement volatilisé au fil de la rencontre la plus importante de la saison : il ne récolte que 10 points en convertissant 4 de ses 16 essais. Patrick Beverley (11 points) et Montrezl Harrell (20 points) ont tous deux été plus importants que PG13.

Ni Kawhi, ni George ne parviennent à marquer le ballon au 4e quart.

Ces performances carrément inacceptables devront être adressées par ces deux hommes, en vue de la prochaine campagne, s’ils veulent prétendre au titre à nouveau dès l’an prochain. Et ce but est loin d’être irréaliste, malgré cette implosion inattendue.

Sur papier, l’effectif duquel bénéficie Doc Rivers est l’un des mieux construits du circuit. Il inclut de la profondeur, deux détenteurs de trophées de Sixième Homme, deux joueurs de niveau All-Star, trois ou quatre défenseurs de niveau All-Defensive et une collection de tireurs de 3 points amplement aptes. La recette est idéale. L’organisation de LA ne devrait donc pas trop jouer avec cette formule lors de la saison morte.

Cependant, un changement particulier devra peut-être être considéré par l’état-major des Clippers. L’entraîneur-chef n’a peut-être pas ce qu’il faut afin de mener ses hommes vers le prochain niveau. L’ère Doc Rivers est donc peut-être arrivée à terme en Californie. De plus, une foule de coaches de qualité sont maintenant disponibles sur le marché des entraîneurs autonomes, dont Nate McMillan, Mike D’Antoni, Billy Donovan et plusieurs autres. Même l’adjoint de Rivers, Tyronn Lue, serait apte à prendre les rênes.

Doc a justement avoué, suite à l’élimination, qu’il se sentait responsable pour l’effondrement des Clips.

« Je suis l’entraîneur et je prendrai le blâme pour (la défaite). Mais nous n’avons pas répondu aux attentes, clairement, parce que si nous l’avions fait, nous serions toujours en train de jouer. »

– Doc Rivers

Ces mots étaient peut-être les derniers de l’ancien Entraîneur-Chef par Excellence, à la barre de Clippernation. Cependant, selon Lou Williams, Doc n’a pas à endosser une telle part de la critique. Il s’adresse lui aussi aux attentes, mais pointe dans une autre direction quand il s’agit du blâme.

« Nous avions des attentes de championnat. Nous avions le talent pour l’accomplir. Mais nous n’avions pas la chimie nécessaire. »

– Lou Williams

Un problème de chimie et de communication sera donc peut-être le casse-tête à résoudre pour Steve Ballmer et son organisation qui aura possiblement quelques modifications à apporter à son club. Néanmoins, Lou Will n’est pas sauf, lui qui vient tout juste de breveter la phrase « Lemon Pepper Lou », nous rappelant son incident au commencement de la bulle.

Il y a sans question plusieurs fautifs à dénoncer suivant cette palpitante série de deuxième ronde, et le duo Jokic-Murray aime croire qu’il en est un important. Nous garderons un œil sur le dossier des Clippers en vue d’un possible remaniement, alors que les Nuggets poursuivent leur parcours éliminatoire historique.

La toute première équipe de l’histoire à surmonter deux déficits de 3-1 lors de deux séries consécutives espère être en mesure de surfer sur cette vague de momentum, elle qui croisera le fer avec l’autre club de Los Angeles, dès vendredi le 18 septembre à 21h00, pour les honneurs de champions de conférence et une place en Finale de la NBA.

Mise à jour

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– Goran Dragic trouve que Giannis n’avait pas autant d’aide que Jayson Tatum :

– Il y aura de plus grandes foules lors des Finales de la NBA :

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Liam Houde
Liam est étudiant en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son but principal est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément important de la culture.

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