L’effet Jimmy Butler

L’effet Jimmy Butler. Si on vous avait confronté à cette phrase à l’automne 2018, certains l’auraient immédiatement traduite à « peste », « cancer de vestiaire » ou même « diva » après la fameuse débâcle qui l’a vu quitter le Minnesota expéditivement. Toutefois, Jimmy a prouvé à maintes reprises qu’il a un impact bien spécial, partout où il pause les pieds et, en éliminatoires de 2020, démontre qu’avec le bon contexte, il peut élever son club à de tous nouveaux plateaux.

Si on observe la carrière de Jimmy G. Buckets au microscope, il est évident que l’ailier mettait de l’avant un apport positif, du moins sur le terrain. Oui, sa présence forte dans les vestiaires et ses exigences inhabituelles envers ses coéquipiers peuvent en froisser certains, mais ces éléments sont les ingrédients du succès dans le bon scénario et paysage. Demandez-le à Kobe Bryant.

Butler n’est cependant pas le même joueur qu’était le Black Mamba, avec seulement cinq apparitions au Match des étoiles, trois parmi l’équipe All-NBA et 4 parmi celle All-Defensive. Tout de même, lorsqu’un athlète travaille et s’entraîne avec le même acharnement que le leader du Heat, c’est difficile de ne pas vouloir suivre dans ses traces.

Ce n’était malheureusement pas le cas chez les Timberwolves du Minnesota, où certains joueurs comme Karl-Anthony Towns, selon les rumeurs, abhorraient les façons de faire de Butler. Néanmoins, à Miami, le mariage est parfait. Jimmy et sa personnalité correspondent à merveille avec la culture du Heat, du président Pat Riley et de l’entraîneur-chef Erik Spoelstra.

Mon collègue William Thériault avait d’ailleurs observé ce phénomène, dès février dernier :

Avec une formation présentant un mélange idéal de jeunesse et de vétérans déterminés, le MIP de 2015 s’y place confortablement en tant que leader. Il a su jouer son rôle avec brio jusqu’à présent, si on considère le statut de l’équipe, qui se retrouve à seulement quatre victoires d’un championnat de la NBA. Et ce, après seulement une campagne dans les couleurs du Heat.

Mais, est-ce que ce succès à la fonction de meneur est une nouveauté pour Jimmy Butler?

La tendance (et ses statistiques) voudraient que non. En fait, l’ancien membre des Bulls et des T-Wolves a toujours été synonyme d’amélioration, pour les concessions qui l’ont hébergé.

De plus, lorsqu’il quitte une équipe de basketball, elle connaît immédiatement une récession, et ce, systématiquement.

Bulls de Chicago (2011-2017)

  • La dernière fois que les Bulls ont atteint les séries éliminatoires était en 2016-2017, la dernière saison de Butler dans l’uniforme des Bulls.
  • Ses statistiques personnelles en 2016-2017 : 23.9 PTS, 5.5 AST, 6.2 REB, 1.9 STL, 45.5% FG, 76 joutes
  • La fiche de l’équipe, la même année : 41-41

Timberwolves du Minnesota (2017-2018)

  • La dernière apparition des Timberwolves en séries était en 2017-2018, la seule campagne complète avec Jimmy. Aussi, la franchise n’avait pas atteint les éliminatoires depuis les 13 dernières années.
  • Ses statistiques personnelles en 2017-2018 : 22.2 PTS, 4.9 AST, 5.3 REB, 2 STL, 47.4% FG, 59 joutes
  • La fiche de l’équipe, la même année : 47-35

76ers de Philadelphie (2018-2019)

  • Les Sixers étaient à seulement une victoire (voire, un tir) de participer à la finale de conférence, en 2018-2019, la seule année de Butler à Philadelphie. L’année suivante, l’équipe se fait balayer au premier tour.
  • Ses statistiques personnelles en 2018-2019 : 18.2 PTS, 4 AST, 5.3 REB, 1.8 STL, 46.1% FG, 55 joutes
  • La fiche de l’équipe, la même année : 51-31

Heat de Miami (2019-2020)

  • Dès son arrivée à South Beach, Jimmy hisse son club vers la Finale de la NBA. C’est la première fois que le Heat atteint ce sommet depuis 2014.
  • Ses statistiques personnelles en 2019-2020 : 19.9 PTS, 6 AST, 6.7 REB, 1.8 STL, 45.5% FG, 58 joutes
  • La fiche de l’équipe, la même année : 44-29

Alors qu’il y a toujours du crédit à distribuer à autrui, oui, ces faits ne racontent pas toutes l’histoire des événements chez chacune de ces franchises. Malgré tout, une corrélation très évidente peut facilement être établie : M. Buckets est un gagnant. Point final.

Son éthique de travail et son parcours de vie atypique font de lui un joueur et un homme résilient, qui n’a pas peur des défis. Lisez ici l’incroyable histoire du small forward, de l’itinérence à la NBA :

Maintenant, le défi qui se présente devant Butler et sa bande en est un de taille. LeBron James et les Lakers sont le dernier obstacle à surmonter avant de rafler les grands honneurs. Tout ça commence ce soir, mercredi le 30 septembre. Le coup d’envoi sera à 21h00, ne manquez pas ça.

Venez écouter ici ce que les participants à la Finale de 2020 avaient à dire aux médias en préparation pour l’étape ultime :

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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