Tous les détails relatifs à la prochaine saison

Depuis quelques jours, nous connaissons la date qu’a ciblé la NBA, en alliance avec l’Association des joueurs (NBPA), quant au lancement de la campagne 2020-2021, soit mardi le 22 décembre prochain. Toutefois, cette décision massive de commencer le prochain calendrier aussi tôt, seulement quelques mois après la conquête de championnat des Lakers, vient avec son lot de questions, dilemmes, pression, dates importantes, montants surprenants, pourcentages intrigants et nombres farfelus.

Voici tout ce que vous avez besoin de savoir quant à la relance du basketball en décembre, sortez donc vos calepins de notes et vos calendriers, ça va brasser.

Lourde charge de travail pour les états-majors

Oui, plusieurs joueurs comme ceux des Lakers et du Heat de Miami, qui ont mené leur parcours jusqu’à la toute fin de la plus récente saison, soit jusqu’au 11 octobre 2020, ne bénéficieront pas du luxe d’une longue saison morte de repos, s’ils sont contraints de retourner au boulot dès le 22 décembre. En fait, ces hommes ne verront que 71 jours de congé entre les deux campagnes, ce qui constitut la plus courte entre-saison de l’histoire, tous sports majeurs américains confondus.

Face à cette nouvelle, LeBron James a d’abord réagit très fortement sur les réseaux sociaux, avant d’ensuite changer son fusil d’épaule.

Malgré tout, ce ne sont probablement pas les athlètes des différentes franchises qui auront le plus de pain sur la planche en vue de l’ouverture du prochain calendrier.

Ce sont plutôt les directeurs généraux, présidents et membres des états-majors qui seront assujettis à la plus lourde pression dans les prochaines semaines, eux qui doivent remodeler leur effectif à temps pour l’amorce du camp d’entraînement (1er décembre).

Dès le début du marché des agents libres, ce sont 103 joueurs autonomes sans restrictions qui devront paraffiner une nouvelle entente, en plus de 80 sous restrictions.

N’ayant qu’environ deux semaines pour opérer, la direction des clubs sera présentée à une véritable course contre la montre dans le cadre d’une fin de mois de novembre qui a tout pour être l’une des plus mouvementées de l’histoire, dans la NBA. Voici les dates les plus importantes des prochaines semaines :

  • 15 ou 16 novembre – Ouverture du marché des transactions
  • 18 novembre – Repêchage de la NBA
  • 20 novembre, 18h00 – Ouverture du marché des joueurs autonomes
  • 22 novembre 12h00 – Débuts des signatures officielles de joueurs autonomes
  • 1er décembre – Ouverture des camps d’entraînements
  • 22 décembre – Inauguration de la saison 2020-2021
  • 22 juillet, environ – Fin anticipée de la saison 2020-2021

Dilemmes et inquiétudes

C’est certainement un horaire chargé sur lequel se sont entendus les joueurs, les concessions et la ligue, mais c’était la bonne décision à prendre s’ils souhaitaient éviter davantage de pertes monétaires. Les experts estiment ici que l’association aurait renoncé à une somme évaluée de 500 millions de dollars américains à un milliard de dollars, si elle avait recommencé ses activités le 18 janvier 2021 (Martin Luther King Day) – au lieu du 22 décembre 2020 – comme le désirait d’abord l’Association des joueurs.

Par contre, plusieurs inquiétudes et questionnements accompagnent tout de même cette décision justifiée. D’abord, la situation des centres d’entraînements en est une relativement précaire, puisque ceux-ci sont toujours fermés – du moins, en partie, pour la majorité des États – et nous ignorons s’ils rouvriront leurs portes à 100% d’ici le 1er décembre. Connaissant Adam Silver et ses ressources, il ne serait pas fou d’imaginer qu’il sera cependant en mesure de tirer sur quelques ficelles afin de permettre à ses joueurs d’y avoir accès.

Les hommes en cravate qui dictent les actions de la NBA devront aussi remédier assez tôt au dilemme des Raptors de Toronto, l’unique franchise canadienne qui devra forcément disputer ses matchs « à domicile » en sol américain. Vous pouvez lire davantage à ce sujet ICI.

Une autre inquiétude soulevée par l’imminente campagne, elle qui sera longue de 72 matchs – légèrement écourtée en comparaison avec une saison habituelle de 82 matchs – est l’échéancier à respecter afin de permettre aux joueurs de se rendre à Tokyo pour contribuer à l’effort de leur nation, dans le cadre des Jeux olympiques de 2021. C’est d’ailleurs l’un des points les plus importants qui a été apporté sur la table des négociations par la NBPA, prescrivant que la saison connaisse son dénouement le plus tôt possible.

Ces Jeux devraient avoir lieu du 23 juillet au 8 août 2021, débutant seulement un jour après la conclusion projetée de la Finale de la NBA. Évidemment, la pandémie de la Covid-19 pourrait modifier ces dates, au gré de son évolution, mais c’est ce qui est coulé dans le béton pour l’instant.

Tout indique que les hommes de la NBA qui figureront en Finale, ou qui connaîtront un long parcours éliminatoire, ne participeront fort probablement pas aux J.O., malheureusement. Néanmoins, une saison qui est lancée plus tôt permet quand même à la majorité des joueurs d’aller y représenter leur pays, ce qu’un début en janvier aurait rendu impossible pour tous.

Saison faite à base de concentré

De plus, étant dans l’obligation de condenser son calendrier le plus possible, pour justement offrir l’option des Olympiques à ses hommes, la ligue sera conséquemment forcée de présenter sa saison la plus dense de tous les temps.

Sortons la calculatrice pour un instant. Si chacune des 30 formations dispute 72 joutes, on arrive à une somme de 1 080 matchs réguliers totaux. Additionnons à tout ça les séries éliminatoires qui peuvent comprendre un maximum de 105 rencontres, en plus du tournoi de play-in qui ferait partie des plans en 2021.

Note : ce tournoi a pour but d’offrir une chance presque égale d’atteindre les playoffs aux clubs terminant du 7e au 10e rang des deux conférences.

Au total, on peut donc comptabiliser ici un peu moins que 1 200 matchs qui seront dans vos téléviseurs. Le bémol : tout ça devra être présenté en seulement 205 jours! Et la pause du Match des étoiles est incluse dans ce décompte. En moyenne, on pourrait assister à environ 6 parties de basketball par jour… du jamais vu.

Or, cette densité a le potentiel de faire saliver les avides partisans de la grande ligue, mais cette saison « faite à base de concentré » est affiblée d’un autre problème. Un problème qui a été évité dans la bulle d’Orlando, mais qui inquiète en vue des prochains mois; celui des blessures.

C’est encore plus alarmant pour certains des joueurs, comme ceux faisant partie d’équipes exclues de la fameuse bulle, qui ont été absents pour presque un an. En effet, les troupes comme celles des Warriors de Golden State, des Hawks d’Atlanta et des Knicks de New York n’ont pas été exposé à des situations de compétition de haut niveau depuis 285 ou 286 jours.

Oui, ces hommes n’ont peut-être pas chômé durant cette entre-saison – à la fois historiquement longue pour certains et historiquement courte pour d’autres – mais ils n’ont pas participé à un match de la NBA depuis bien longtemps non plus, apposant un astérisque sur leur état de santé et de conditionnement.

Aussi, la présence de plusieurs back-to-backs au cœur de l’horaire condensé de travail auquel les joueurs feront tous face devrait lancer le festival du load management, si une trop grande quantité de blessures doit être évitée.

On fait quoi avec les salaires?

La pandémie avec laquelle nous composons tous toujours a durement frappé Adam Silver et son produit, au niveau financier, comme c’est le cas avec une foule de business partout dans le monde. Connaissant une chute presque catastrophique d’environ 60% au niveau des cotes d’écoutes télévisuelles aux États-Unis – mais présentant ses meilleures statistiques au chapitre de la visibilité en ligne – la ligue a engendré des pertes de près d’un milliard de dollars.

Heureusement, le succès de son plan de bulle, sur le campus de Disney World, a toutefois permis à Silver d’éviter davantage d’hémorragie, économisant 1,5 milliard.

Mais maintenant, qu’est-ce que ces pertes signifient pour le plafond salarial de 2020-2021 et pour la rémunération des joueurs?

D’abord, il faut savoir que la NBA a refusé de modifier le cap, malgré ses baisses massives de revenus dus à la pandémie de la Covid-19 ainsi qu’au bris d’alliance avec la Chine. Donc, le plafond sera toujours établi à 109,1M$, avec une limite de la taxe de luxe établie à 132,6M$.

Au cours des prochaines saisons, ESPN rapporte aussi que le plafond salarial et celui de la taxe ne pourront pas augmenter de moins de 3% et plus de 10%. Le réseau américain a aussi annoncé que les factures prescrites aux organisations qui entreront dans la taxe de luxe seront moins sévères qu’à l’habitude.

Cette notion de normalité vient à un certain prix, cependant, et ce sont les joueurs qui devront le payer. Afin de préserver un plafond inchangé et donc d’assurer des contrats élevés pour ceux qui signeront de nouvelles ententes dans les prochaines semaines et mois, l’entièreté des athlètes au sein de l’association sont contraints d’effectuer un dépôt.

Appelé escrow en anglais, ce dépôt monétaire interprète un pourcentage du salaire annuel que gagneront les joueurs lors du calendrier 2020-2021 qui est directement déposé à la NBA et que les joueurs ne reverront que dans trois ans. Alors que les négociateurs de la ligue demandaient 25% du salaire de tous les athlètes du circuit, ces derniers ont renchérit avec 15%. Ces négociations sont présentement stagnantes, mais on peut s’attendre à une entente de milieu de terrain, soit de 18%.

Au total, un dépôt de 18% remplirait les coffres de la NBA avec une somme additionnelle avoisinant les 800 millions de dollars américains. Voici les montants que certains hommes pourraient ne pas pouvoir dépenser avant 2023 :

JoueurRémunération prévue pour la saison 2020-2021Dépôt à effectuer (prévision de 18%)
Stephen Curry43 M$7,4 M$
LeBron James39,2 M$7 M$
Kawhi Leonard34,4 M$6,2 M$

Dans la liste d’objectifs établis par le commissaire du circuit figure aussi un élément crucial au bien-être financier de la meilleure ligue de basketball au monde. Adam Silver veut permettre aux partisans d’assister en personne aux matchs, mais ce désir constitut un casse-tête monumental, en soi.

Jusqu’à maintenant, les rumeurs veulent que la NBA vise remplir ses arénas de 25% à 50%, mais ces nombres pourraient grandement fluctuer au fil du prochain calendrier régulier, et dépendamment des lois locales auxquelles adhèrent les différents marchés.

Tout comme l’ont fait la NFL et la MLB, un lot impressionnant de mesures sanitaires et sécuritaires devront être déployées pour limiter au maximum le nombre de cas de la Covid-19. Le défi de jouer à l’intérieur demandera de voir les entrailles de certains stades être totalement reconfigurées, de prendre d’énormes précautions, de pouvoir tester rapidement les spectateurs et même de modifier les systèmes d’aérations des amphithéâtres.

Nous en aurons plus sur le plan d’action quant à l’inclusion de fans alors que le dossier se développe et que la ligue dévoile son plan.

En bref, une relance en date du 22 décembre était inévitable, si on comptait sauver des sommes d’argent importantes, tout en sécurisant le plafond salarial et en permettant à la majorité des joueurs de participer aux Jeux de Tokyo, le tout dans l’optique ultime que tout revienne à la normale en 2021-2022. Le produit risque d’être aussi impressionnant et complexe que le réel tour de force qu’était la bulle, mais s’il y a bien une ligue qui est capable de mener un tel projet à terme, c’est celle d’Adam Silver.

– Dynastie Basketball mérite toute votre attention :

Image par défaut
Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
Publications: 984