Bennedict Mathurin : «Je veux être un joueur de franchise dans la NBA»

La division PAC-12 de la NCAA abrite quelques freshmans dominants qui risquent d’être repêchés parmi les choix de loterie lors du repêchage de la NBA en 2021. Evan Mobley (USC) et Josh Christopher (Arizona State) connaissent des superbes débuts de saison, mais c’est le Québécois Bennedict Mathurin qui s’est approprié le titre de recrue de la semaine lors de la première semaine de janvier. À seulement 18 ans, Benn connaît une saison très impressionnante en Arizona et continue de se faire un nom auprès des recruteurs de la NBA.

Le garde de 6 pieds 6 a été très généreux de son temps avec AlleyOop360 en nous offrant une entrevue de 20 minutes diffusée samedi sur les ondes du 91.9 Sports.

Le lien vers l’entrevue audio se retrouve à la fin de l’article.

Un début de carrière fracassant

Évidemment très satisfait par sa performance de 24 points et 11 rebonds contre Washington State, Bennedict a mentionné qu’il s’agissait définitivement d’une dose de confiance importante qui lui montre qu’il est fin prêt à s’approprier un rôle important avec son équipe. Néanmoins, il n’est pas déçu de jouer en sortie de banc. Au contraire, cette tactique lui permet d’obtenir un rôle important sur la deuxième unité. C’est grâce à ce plan de match que l’Arizona gagne des matchs et que Bennedict est présentement le troisième meilleur marqueur de son équipe.

« Honnêtement, mon rôle dans l’équipe c’est plus d’être un joueur impact. Alors, que je vienne par après sur le terrain, c’est la tactique du coach. Si ça fait en sorte que ça rapporte mieux à l’équipe, qu’on joue mieux et qu’on gagne, ça ne va pas me déranger d’être un joueur de banc. »

Jusqu’à présent, son tir est l’aspect de son jeu qui ressort le plus. Même si son athlétisme est connu est qu’il est excellent pour attaquer le panier, c’est de combiner cette qualité à une efficacité surprenante qui constitue le danger. Cette saison, le Québécois réussit 41.4% de ses lancers de 3 points et il ne s’assoit pas sur son succès.

« Je passe vraiment beaucoup de temps dans le gym à prendre des 3 points. Je sais que mon rôle dans l’équipe est important. Quand j’embarque sur le terrain, je dois absolument faire en sorte que je sois efficace. […] D’ici la fin de la saison, je dois continuer à améliorer mon tir de 3 points. C’est la chose la plus importante pour moi. Ça va beaucoup m’aider. À force que les matchs avancent, ce sera plus difficile et les défenseurs seront meilleurs et plus matures. Je n’ai pas le choix de travailler sur mon tir de 3 points.»

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Or, c’est de sa progression défensive que Bennedict est le plus fier. En plus d’avoir progressé en tant que défenseur, il se réjouit de pouvoir mener l’attaque lui-même après avoir attrapé un rebond, preuve de sa grande polyvalence.

« Je trouve qu’en défense, je me suis vraiment amélioré depuis que je suis arrivé en Arizona. Au high school, ça s’était pas super bien passé pour moi. Mais depuis que je suis arrivé ici, je suis devenu plus fort physiquement, j’ai grossi et je suis devenu plus rapide. J’ai joué un peu de 4 quand on a eu un petit alignement. Je sais que quand je joue 4, je suis plus rapide que les autres. Alors je sais comment les jouer en défense, et je sais que quand quelqu’un prend un tir et que je prend le rebond, je ne suis pas obligé de passer directement le ballon au garde – je peux moi-même prendre le ballon personnellement et dribbler vers le panier. »

En 11 matchs, Benn cumule une fiche moyenne de 10.6 points, 4.5 rebonds, 0.8 passe et 0.9 vol par match. À son âge, il s’agit d’une récolte très satisfaisante – mais Benn possède de grandes attentes et n’est pas rassasié.

« Je me donne une note entre 5 et 7 sur 10. Je sais que je peux faire mieux. Je dois rester concentré avant tous les matchs et avoir le même but. Je dois y aller à fond et donner mon maximum à chaque fois. »

Bennedict Mathurin vise un grand rôle dans la NBA

J’ai posé une question assez révélatrice à Bennedict.

«Où te vois-tu dans 5 ans?»

Sa réponse a commencé comme je m’y attendais, mais s’est terminée avec un coup d’éclat. La NBA, c’est clair. Mais il souhaite beaucoup plus.

« Je me vois comme un joueur dans la NBA. C’est mon but. Pas seulement un joueur, mais un joueur efficace et qui a un grand rôle. Un joueur de franchise. C’est mon but. »

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Afin d’y arriver, Bennedict ne sait toutefois pas quand il se déclarera éligible au repêchage de la NBA. Néanmoins, une chose est claire : il souhaite être prêt à 100% et attendra le bon moment pour prendre sa décision.

« Je ne sais pas encore. Tout dépend de ma préparation. Je vais y aller quand je me sentirai prêt. Je dois être prêt physiquement et mentalement, parce que la NBA c’est vraiment différent que l’université. Je ne veux pas arriver dans un rush. Je veux absolument être prêt et avoir atteint mes buts physiquement et mentalement. »

Le Montréalais n’est pas pressé et il souhaite obtenir un rôle important avec son équipe avant d’entrer dans la NBA. Il nous a confirmé viser le statut de joueur étoile dans la NCAA avant d’y penser, sachant ce qu’une saison de plus pourra avoir comme impact sur sa valeur.

Sa prochaine mission est claire : devenir un leader. Il aura l’occasion de le faire si son rôle est accentué. Il mentionne d’ailleurs que LeBron James est son joueur favori, et qu’il aspire à mener son équipe comme le King le fait.

« Je pense que je dois être un leader. Quand j’étais au high school, j’étais un leader, j’étais l’un des plus vieux. Je dois être plus expérimenté. Je dois leader mon équipe, communiquer et faire en sorte que toute mon équipe me fait confiance. »

Il est encore tôt, mais 2021-2022 pourrait être la scène de cette grande éclosion et faire du Québécois un choix au repêchage de la NBA.

Racines montréalaises

Espoir classé #1 au Canada en 2020, Bennedict Mathurin livre un message d’espoir aux jeunes qui ne sont pas classés. Il a déjà été dans cette position, et il prône le travail pour s’en sortir.

« N’importe qui aurait pu être premier. Ce n’est pas parce que tu n’es pas classé dans les rankings que tu dois te faire une idée que tu n’es pas assez bon. Les années d’avant, je n’étais pas ranké et ça me faisait de la peine, mais ça m’a toujours donné la motivation de jouer plus fort. »

Ça n’a pas toujours été facile pour le jeune homme. À 12 ans, Bennedict a notamment perdu son frère aîné dans un accident de vélo. Il a souvent pensé à tout abandonner, mais il a été guidé par sa soeur et son tuteur légal, qui l’ont poussé à ne pas lâcher ses études et le basketball. À travers les idées noires, il a été entouré et il peut aujourd’hui se compter chanceux d’avoir été pris en charge par des gens qui tiennent à lui.

« C’est une grosse motivation. Je viens de Montréal. Quand j’étais petit, ce n’était pas facile. J’ai pas eu le choix de jouer au basket. D’où je viens, l’environnement n’était pas idéal. L’école m’a motivé. Sans l’école, j’aurais pas pu jouer au basket. Ma soeur m’a guidé. Mon tuteur, je l’appelle mon oncle, m’a guidé pour continuer le basket et prendre le bon chemin. »

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Benn voit très bien que le marché montréalais est sous-estimé, et il utilise le doute comme essence pour se rendre loin.

« Ça me donne envie de prouver au monde que le Canada a des gros joueurs. »

S’il poursuit sur sa lancée, Bennedict Mathurin pourrait très bien respecter les attentes qu’il s’est lui-même imposées et devenir le premier joueur de franchise québécois de l’histoire de la NBA.

L’histoire est peut-être en train d’être écrite sous nos yeux.

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Kevin Vallée
Kevin Vallée est le fondateur d'AlleyOop360, animateur de l'émission de radio au 91.9 Sports. Après plus de 6 ans d'expérience dans le monde du blog, il se lance dans les médias à la radio et sur les réseaux sociaux avec comme but de populariser le basketball.
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