L’histoire d’une équipe douée, mais qui perd sans cesse

Difficile est le sort des Raptors aujourd’hui, alors que la formation torontoise tente toujours de digérer son plus récent revers face aux Trail Blazers, à Portland, pour clore un rude voyage sur la côte ouest qui offre comme conclusion un bilan de 1-3. L’alarme est sonnée depuis un moment déjà chez les Raptors, déménagés à Tampa Bay, et le temps file : on doit réapprendre à gagner, et vite. Néanmoins, il est pertinent de se demander qui, ou quoi, est à blâmer pour cette inauguration de saison franchement horrible de la part des champions de 2019.

Est-ce Pascal Siakam, Nick Nurse, ou peut-être même Kyle Lowry qui se mérite le tort? Il ne se s’agit peut-être ici que d’une dose disproportionnée de simple malchance. Qui sait? Somme toute, ce n’est définitivement pas la faute de Chris Boucher…

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L’année est 2021, la fiche est de 2 victoires et 8 défaites, les Raptors de Toronto sont en déroute et les réponses semblent se faire minces. L’entraîneur-chef de l’année en 2020, Nick Nurse, peine présentement à enfiler les victoires avec un alignement inférieur à celui de la précédente campagne. Inférieur, certes, mais pas digne de l’avant-dernier rang de l’association, tout de même.

Pourtant, c’est à cet échelon que se retrouve son club au sein de la hiérarchie de la NBA, juste derrière les Pistons de Detroit occupant la 30e et dernière place. À ce rythme, la franchise qui soulevait le Larry O’Brien, il y a de cela moins de deux ans, est en voie de s’absenter entièrement des séries éliminatoires; voilà une catastrophe que Masai Ujiri, Bobby Webster et l’organisation des Raptors souhaitent éviter à tout prix.

Or, l’heure n’est pas au remaniement. Toronto se doit de connaître du succès par ses propres moyens; pas question de mettre sur pied une transaction précipitée à ce point-ci du parcours, mais une telle option devient graduellement de plus en plus envisageable alors qu’on entend déjà le sifflement de rumeurs d’échanges ayant comme noyau Pascal Siakam ou même Kyle Lowry.

Toutefois, il est prioritaire de regagner des habitudes de vainqueurs, avec l’effectif présentement en place – les basketteurs qui portent présentement les couleurs des Raptors sont amplement capables de le faire, et l’ont prouvé à chacun de leurs 10 derniers matchs, d’une façon ou d’une autre, dans la défaite ou la victoire.

Victoires morales

Certains partisans se consoleront en se rappelant qu’il s’agit ici d’un calendrier régulier long de 72 joutes, que nous n’en sommes toujours qu’à la 10e partie de la saison et que la franchise ontarienne regorge quand même de joueurs talentueux et d’expérience.

Eh bien, ces fans n’ont pas tort.

Dans le cadre de chacune des défaites des Raps, une liste de points positifs pouvait être établie à la toute fin – des « victoires morales », si on veut. Les plus optimistes s’en servaient pour ne pas perdre espoir et remarquer que de meilleurs jours sont à l’horizon.

Ce sentiment hédoniste était encore plus vrai lors des quatre derniers engagements, qui étaient d’ailleurs synonymes du retour aux sources de Spicy P qui s’est servi de ces matchs pour tranquillement reprendre ses aises et ressembler au Pascal qui l’an dernier s’est mérité un poste de partant au sein de l’alignement de l’Est au Match des étoiles.

Voici les statistiques moyennes qu’il accumule par match à travers ses cinq derniers. C’est sur ce genre de séquence personnelle qu’il surfe :

Pascal Siakam

23.6 PTS, 9.6 REB, 6.2 AST, 0.6 STL, 0.6 BLK et un pourcentage de tir de 52% du terrain, puis 35% du 3 points

Le Camerounais d’origine s’est aussi chargé d’inscrire son nom à nouveau dans le livre d’histoire de la franchise torontoise en signant le premier triple-double de l’équipe (outre Lowry) depuis Jose Calderon en 2012. C’est le chef d’orchestre et numéro 7 qui a récolté les 14 derniers.

Ce n’est pas tout, le power forward étoile a bien amorcé ses rencontres dans cette fenêtre de quelques soirs en contribuant directement à une grande portion des paniers torontois, au travers de ses cinq premières demies. C’est aux deuxièmes segments de ses prestations qu’il a connu plus de maux de tête (et qu’il en a causé aux partisans).

C’est plus apparent que jamais lorsque viennent les dernières minutes du 4e quart-temps dans un combat serré, là où Siakam – ainsi que tous ses coéquipiers – s’effacent soudainement. Preuve à l’appui : lorsque l’écart est de 5 points ou moins avec 5 minutes au cadran, cette année, l’équipe présente un rendement de 0-5.

Simplement dit, les Raptors ne sont pas clutchs.

Cependant, si on ne fait que retourner la médaille pour observer son autre face, on remarque que chacun de ces revers crève-cœurs aurait pu être décidé autrement, si ce n’était que de quelques paniers de plus, ou de quelques bonds chanceux. Peut-être les Raptors ont-ils épuisé leur banque de bonds favorables sur l’anneau lors de leur parcours victorieux en séries, il y a deux ans? Merci, Kawhi.

Cela dit, ils tenaient, et ont échappé, des avances de 10 points ou plus lors de six de leurs huit revers; des laisser-allers qui ne se sont produits qu’à quatre reprises en 2019-2020. Inexcusable.

Heureusement, comme l’a partagé Josh Lewenberg de TSN par le biais de son compte Twitter, la troupe de Nick Nurse publie virtuellement le même différentiel de points que le Heat (4-5), qui est d’autant plus supérieur à celui des Spurs (6-5), des Warriors (6-5) et du Magic (6-5).

« Cela ne se produit donc pas sans malchance. » avait à ajouter Lewenberg au sujet de l’horrible fiche de parcours des Raptors.

En séparant attentivement le processus et les résultats, il est également évident que la tendance est positive pour les Torontois devenus Floridiens. S’ils maintiennent ce cap encore un moment, la chance devrait éventuellement tourner en faveur de Lowry et sa bande. Mais n’est-ce pas de l’optimisme aveugle de blâmer tout sur de la chance?

« Si nous n’avions réussi que quelques tirs de plus, nous aurions une fiche différente aujourd’hui. » a dit un Pascal Siakam très déçu à la suite du combat contre Portland, lundi soir.

Le degré de frustration qui accompagne les deux derniers revers du club en sont d’autant plus amers par le fait que le tout ne s’est décidé que par un point, et c’est Spicy P qui avait le ballon du match entre ses mains à chaque occasion. La conclusion prématurée qui peut en être tirée veut que le numéro 43 ne représente pas le « closer » que les Raptors nécessitent afin de boucler les soirées corsées.

Clutch ou pas, Siakam aurait cependant pu éviter de se retrouver dans ces situations in extremis, si seulement ses coéquipiers étaient parvenus à conserver des priorités de points en deuxième demie. Vous pouvez être certains malgré tout que cet aspect du jeu des Raptors est étudié et remédié lors des entraînements.

C’est l’élément négatif principal à retirer des résultats du dernier road trip, mais il est accompagné de plusieurs notions positives, également : l’émergence soutenue de Boucher, la réémergence de Siakam et le retour d’un certain degré de ténacité de la part de certains hommes du club, une énergie absente du début de saison.

Malgré tout, ces « victoires morales » ne sont pas suffisantes. Il faut absolument en récolter des vraies.

La fierté montréalaise de l’heure, Chris Boucher, semble tenir les réponses en mains. Comme si ce n’était pas suffisant qu’il détienne le 3e meilleur ratio PER du circuit en entier, le forward s’est prouvé bien plus utiles sur les parquets que ses deux collègues Aron Baynes et Alex Len.

Au fil du voyage de quatre rencontres à l’ouest, les deux pivots traditionnels sous Nurse n’ont vu le terrain que pour 39 des 192 minutes totales qu’ont disputé les leurs. À l’intérieur de cet échantillon, ils combinaient leurs forces pour divulguer une cote +/- de -19, tandis que le Bambou permettait un différentiel de +30.

Qu’il porte le chapeau de titulaire ou de 6e homme, Boucher se doit d’obtenir plus de 22 minutes de temps de jeu par soir. Or, il n’est peut-être pas le sauveur des tristes Raptors, mais il est une pièce importante du casse-tête. La pièce maîtresse, elle, résidera dans l’effort collectif de chacun des membres de cette belle organisation. Norman Powell, OG Anunoby et Matt Thomas sont aussi importants que Malachi Flynn, Terence Davis et Yuta Watanabe qui eux sont aussi importants que Fred VanVleet, Kyle Lowry et Pascal Siakam.

Toronto se mesurera jeudi soir, à 19h30, aux Hornets de Charlotte avant de croiser le fer avec Gordon Hayward et sa bande à nouveau le samedi suivant. Ils accueilleront ensuite les Mavericks, puis le Heat à deux reprises. Ce programme de cinq matchs cruciaux à « domicile » dictera la suite des choses pour l’équipe, il est d’une importance capitale.

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Liam Houde
Liam est étudiant en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son but principal est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément important de la culture.
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