Les Bucks atteignent la finale, mais chapeau aux Hawks

C’est fait. Les Bucks de Milwaukee vainquent les Hawks d’Atlanta en six rencontres pour être sacrés champions de la conférence de l’Est et pour accéder à l’étape ultime des séries éliminatoires, la première fois depuis 1974. Sans les services du Greek Freak, Khris Middleton et Jrue Holiday ont mené la charge avec brio face à une unité géorgienne qui dépendait d’un Trae Young incommodé par sa blessure à la cheville. La série est peut-être terminée, mais ce n’est qu’un début pour ces deux formations : Milwaukee doit croiser le fer avec les Suns de Phoenix afin de déterminer un champion, et le futur proche d’Atlanta est tout à fait resplendissant.

Le combat ultime entre ces finalistes de l’Est n’était pas le duel auquel s’attendaient les partisans des deux clubs, plus tôt dans la soirée, puisque deux couvercles semblaient recouvrir les paniers du State Farm Arena en première demie. Ni les Bucks, ni les Hawks ne convertissaient plus de 40% de leurs tentatives avant de rejoindre les vestiaires, après quoi Khris Middleton a décidé qu’il en avait assez…

Le shooting guard étoile s’est levé lors d’un moment important, prouvant à nouveau qu’il est digne du statut de vedette secondaire juste derrière Giannis. Au travers de cette après-saison, Middleton s’est démarqué par un lot de performances signatures à l’occasion des parties les plus importantes, avec notamment 38 points puis 27 points contre Brooklyn aux matchs #6 et #7, respectivement, ainsi que 26 points, 13 rebonds et 8 passes décisives au cinquième match face aux Hawks.

Hier, pour éliminer la troupe de Mike Budenholzer, le vétéran a enregistré 32 points, 4 rebonds et 7 passes sur un rendement de 45%. Au 3e quart, il récoltait 17 de ses points pour aider son collectif à en marquer 44 – contre 29. C’étaient ces prouesses qui ont donné l’étincelle nécessaire à Milwaukee pour prendre une avance que les hôtes de la soirée n’ont jamais su surmonter. La priorité grimpe jusqu’à 22 à son apogée.

Jrue Holiday, qui a connu quelques moments en dents de scie cette année en séries, était également au rendez-vous. Il peinait à trouver le centre de l’anneau pour amorcer la rencontre, mais continuait tout de même d’avoir un impact sur tous les plans pour les siens. Il termine sa soirée de travail avec 27 points, 9 rebonds, 9 assistances, 4 vols de ballon et 2 blocs en plus d’une défensive absolument remarquable face à quelconque attaquant voulait tenter sa chance.

La combinaison de ces deux prestations, additionnées d’efforts soutenus des parts de Brook Lopez, Bobby Portis, Pat Connaughton, PJ Tucker et même Jeff Teague, offre comme résultat un joli trophée de champions de conférence.

De l’autre côté du terrain, Young revenait tout juste d’une foulure à la cheville; il n’avait pas l’air de lui-même sur les parquets. Le point guard habituellement si agile et rapide ne faisait pas démonstration des mêmes talents, lui qui semblait parfois en douleur et plus fatigué qu’à son habitude. Pour compenser, personne ne s’est levé assez haut chez ses coéquipiers.

Alors que Ice Trae n’amassait que 14 points en convertissant seulement 4 de ses 17 tirs, Bogdan Bogdanovic a inscrit 20 points et Cam Reddish 21 pour mener les marqueurs de l’équipe, alors qu’il venait remplacer un Kevin Huerter en pleine léthargie offensive. Contraints de réussir seulement 41% de toutes leurs tentatives par la défensive suffocante des visiteurs, les Hawks perdent, la tête basse, 118-107.

Toutefois, il est important de se rappeler que cette édition de l’équipe a hautement dépassé les attentes à son égard. Sans l’ombre d’un doute, il s’agit là d’un énorme succès pour la franchise de la Géorgie : elle figurait au 14e rang de l’Est en 2020, sans même avoir espoir de faire les playoffs l’année suivante. L’amélioration de Trae Young, en plus des acquisitions de Bogdan Bogdanovic, Clint Capela, Danilo Gallinari et Lou Williams ont totalement transformé l’équipe.

Une immense part de crédit doit également revenir à Nate McMillan derrière le banc. Il s’est chargé de mener cet effectif dont il a hérité au milieu du calendrier régulier vers une fiche de 48-34 (incluant les séries), alors qu’ils étaient hors du portrait éliminatoire. Le travail de l’ancien entraîneur-chef des Pacers pourrait d’ailleurs être récompensé en conséquence cet été, lui qui devrait se mériter un contrat à long terme sous l’ombrelle des Hawks.

Si le parcours de la concession vieille de 75 ans se termine ici pour 2020-2021, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’encore plus beaux jours à l’horizon. Performance incroyable après performance incroyable, le jeune Trae Young s’est fait un véritable nom chez les pros, comme un meneur de jeu compétent, capable d’être la superstar prioritaire d’une formation championne, un jour.

Non, il n’est pas qu’un bon marqueur aux statistiques vides – avec un faible pour les longues bombes du centre-ville – il a fait mentir les détracteurs en nous faisant tous admettre qu’il fait partie de l’élite de l’élite. Selon StatMuse, seuls deux athlètes ont maintenu 28 points ou plus et 9 aides ou plus par match en séries (pour un minimum de 15 joutes); ce sont LeBron James en 2018… et Trae Young en 2021.

Atlanta a trouvé son étoile, idem pour la franchise du Wisconsin. Cette dernière célébrait hier le fruit de plusieurs années difficiles où Giannis se méritait les plus grands prix individuels et où des alignements de haut niveau montaient des saisons régulières époustouflantes, mais où la finale n’était encore qu’un but lointain. C’est désormais une réalité : les Bucks iront se mesurer à Chris Paul, Devin Booker, Deandre Ayton et compagnie dans un test final qui sera dénominateur d’héritages pour certains des joueurs impliqués.

Or, le plus grand gagnant de la soirée de samedi est possiblement Torrey Craig qui recevra une bague de championnat, peu importe qui soulèvera le trophée Larry O’Brien; le forward a disputé 18 rencontres dans l’uniforme des Bucks cette année avant de rejoindre les Suns.

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à annuler vos plans lors des soirs suivants, puisque l’horaire de la grande finale de la NBA est déjà disponible :

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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