Adam Silver ne croit pas que Rachel Nichols devrait perdre son emploi

Le dossier Rachel Nichols a fait couler de l’encre récemment alors que les opinions fusent de tous côtés entourant les commentaires qu’a laissé glisser la journaliste d’ESPN à l’égard de sa collègue Mariah Taylor – ainsi que face à la décision du réseau ESPN d’ensuite remplacer Nichols par Malika Andrews comme reporter sur place lors de la finale de la NBA. Le commissaire de la NBA Adam Silver s’est adressé aux médias mardi soir en préparation pour la finale de la NBA et a traité d’une panoplie de sujets, y compris la situation difficile à ESPN qu’ont causé les commentaires d’une de ses journalistes les plus populaires – commentaires que vous pouvez écouter ICI, et son excuse conséquente ICI – admettant que ce n’est pas une situation simple, mais qu’il croit bon d’offrir le bénéfice du doute.

Vous pouvez écouter l’entièreté de sa conférence de presse ci-bas, ou poursuivre et lire les points importants de sa communication :

Vers qui pointer le doigt pour le nombre élevé de blessures?

L’homme à la tête de la NBA depuis 2014 acceptait les questions de journalistes en personne pour la première fois depuis le mois de mars 2020, mardi le 7 juillet. Heureux d’enfin pouvoir interagir avec plusieurs membres des médias en personne pour la première fois, Adam Silver souhaitait premièrement aborder le problème de blessures qui frappe sa ligue de plein fouet.

Alors que Silver rappelle qu’un seul facteur, soit celui de la densité du calendrier régulier de 72 matchs, ne peut pas être identifié comme seul coupable derrière cette soudaine hausse des blessures, il admet que c’est un élément de l’équation. Cette croissance du nombre de blessures majeures chez les joueurs n’est toutefois pas un phénomène nouveau; la fréquence des blessures augmente depuis plusieurs années, malgré les avancées technologiques et informationnelles qui sont faites pour tenter de les prévenir.

Le commissaire a préféré citer d’autres facteurs comme la pandémie de la COVID-19 et les nombreux tests, restrictions et protocoles qui s’y rattachent, ainsi que le surentraînement et les « horloges biologiques » de certains joueurs, habitués de disputer les séries plus tôt dans l’année. Or, il est conscient que plus de temps et de collection de données est nécessaire afin de déterminer quelles actions concrètes peuvent aider à prévenir cet énorme problème.

Évidemment, Silver tient à la santé de ses joueurs et dit comprendre le point de vue des partisans en plus de celui plus économique de la question. Les hauts placés de la ligue ne croient pas que le repos durant les matchs (load management) aide toutefois la cause, puisque « aucune preuve ne vient appuyer l’efficacité de cette pratique ». Le commissaire a ajouté réduire la saison régulière de 10 matchs ne semble pas non plus être la solution à priori, comme d’abord escompté.

Pour suivre, Adam Silver a cependant indiqué qu’une campagne moins dense pour 2021-2022 est fortement en considération auprès du conseil exécutif. D’autres discussions doivent avoir lieu avec l’Association des joueurs (NBPA) à ce sujet, mais nous devrions quand même nous attendre à une saison de 82 rencontres par équipe, malgré le problème de blessure qui sévit.

Plus d’information à propos de 2021-2022 :

Ô Canada, ou pas?

L’attention a ensuite bifurqué brièvement sur le thème des Raptors de Toronto, qui ne savent toujours pas s’ils seront en mesure de disputer leurs matchs réguliers en sol canadien, dès le 19 octobre 2021.

Le statut de la situation n’a pas évolué beaucoup depuis le moment où les Raptors ont quitté Tampa Bay, après avoir été exclus des séries éliminatoires : Silver dit toujours être « incertain » de l’endroit où joueront les Raptors, mais que l’organisation et les partis impliqués demeurent « optimistes » que le gouvernement de l’Ontario permettra un retour au Scotiabank Arena. Bien sûr, nous en aurons plus sur le sujet à mesure que le dossier se développe.

Les plans : play-in et expansion

S’il y a l’accord des 30 franchises, de la NBPA et des partenaires de la NBA – comme Adam Silver croit obtenir – le tournoi de play-in devrait au moins être en mesure de fêter un troisième anniversaire en 2022, selon le grand boss de l’association.

Le court tournoi précédant les séries devrait être là pour rester, mais quelques changements mineurs pourraient y être apportés afin d’être encore plus équitable pour toutes les formations impliquées. Même s’il a été bien accueilli par la majorité cette année, le concept de cette compétition pour les équipes en marge des playoffs n’a pas fait que des heureux; LeBron James, Luka Doncic et l’organisation des Mavericks de Dallas étaient notamment des détracteurs importants de certains aspects de l’idée.

Néanmoins, une version du tournoi – peut-être quelque part entre celle à laquelle nous avions eu droit dans la bulle d’Orlando et celle du mois d’avril dernier – pourrait répondre aux demandes et inquiétudes de tous. Reste à voir si la NBA offrira possiblement un avantage supérieur aux clubs terminant avec les 7e et 8e meilleures fiches de leur conférence, comparativement à ceux qui font le tournoi en 9e et 10e place, sans toutefois réduire l’intérêt du play-in pour ces deux dernières.

De plus, une expansion de la NBA à plus de 30 équipes est « inévitable » selon Silver, mais il est toujours impossible pour quiconque d’apposer une date précise sur cette affirmation. L’addition d’une nouvelle franchise au sein d’une ligue sportive de cette envergure « représente un processus de plusieurs années », a affirmé l’homme d’affaires.

N’en dévoilant pas plus, il ajoute qu’une extension du circuit est en considération, mais que le tout est encore au stade embryonnaire. C’est-à-dire que des discussions et des études doivent encore être complétées afin de même savoir si le tout serait réellement rentable pour le circuit, dans le futur proche. Ce n’est pas en haut de son agenda, mais Adam Silver soutient que lui et ses collègues « vont continuer de regarder ce qu’ils peuvent faire » pour maximiser une expansion et l’effectuer sans faille.

Aucune ville en particulier n’a été nommée comme hôte potentiel, mais nous savons que Seattle et Las Vegas sont au sommet de la liste. De façon plus sobre, même Montréal avait effleuré les lèvres de Mark Tatum, commissaire-adjoint de la NBA…

Le sujet de l’heure

Il était ensuite temps pour la conférence de river son attention vers l’un des thèmes chauds, celui en lien avec Rachel Nichols d’ESPN et ses commentaires qualifiés par plusieurs de racistes. Lorsqu’on lui a demandé de se pencher sur la chose, Adam Silver semblait demeurer le plus neutre possible.

Il soutient que, oui, le réseau sportif américain et la ligue entretiennent une très forte relation depuis plusieurs années, mais que son produit ne souhaite pas être associé à la situation. Il ne connaît pas plus d’information que nous à ce sujet et dit que la NBA ne sera pas impliquée dans le processus de sanction envers Nichols – s’il y a lieu.

Son opinion, toutefois, pourrait en choquer certains, car un mouvement voulant voir la journaliste être punie s’est levé sur les réseaux sociaux, particulièrement Twitter, et certains font même appel au congédiement. Le commissaire ne croit pas que de telles mesures soient nécessaires.

« Autant Rachel (Nichols) et Mariah (Taylor) sont fantastiques dans ce qu’elles font, […] les humains font des erreurs. Aucune carrière ne devrait être effacée pour un seul commentaire. Nous devrions juger les gens par le contexte plus large de leur corps de travail. »

Il a confiance que les dirigeants à ESPN parviendront à passer au travers de cette affaire et trouver un terrain d’entente. Adam Silver tient aussi à mentionner qu’il supporte avec véhémence la diversité dans tous les milieux de travail et qu’il déplore tout ce qui va à l’encontre de ce but personnel d’avoir des employés de tous les milieux, sexes et origines au sein de la NBA.

Pour conclure, il était question d’encore quelques points importants quant au futur proche de la ligue alors qu’elle concrétise une transition post-pandémie autant au niveau sociétal que sur le terrain. Silver soulève qu’il a hâte de revenir « à la normale le plus rapidement possible », lui qui s’ennuyait des connections humaines que limitent les mesures sanitaires en place.

Il vise des stades remplis et des environnements sans masque bientôt, deux aspects importants de « l’expérience NBA complète » ainsi qu’une conservation du sens d’union et d’harmonie entre les athlètes du circuit, qui a bourgeonnée à l’occasion de la bulle, en 2020.

Excité de visionner la finale de la NBA, il précise qu’une rencontre au sommet de deux petits marchés est bénéfique pour son produit, pour les partisans et pour la parité : un objectif de son administration. vous pouvez regarder le deuxième chapitre de cette série opposant les Suns de Phoenix aux Bucks de Milwaukee jeudi prochain à 21h00, et lire à propos du premier match de la finale ci-bas.

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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