Giannis a besoin davantage d’appui

Les Suns malmenaient les Bucks de Milwaukee hier pour prendre les devants 2-0 dans cette série finale, au son d’une victoire de 118-108. Devin Booker et Chris Paul agissaient de fer de lance pour l’offensive efficace et prolifique de Phoenix alors que Giannis Antetokounmpo mettait tout le poids de l’attaque sur ses épaules, mais en vain. Le manque flagrant de constance de la part de ses deux principaux acolytes, Khris Middleton et Jrue Holiday, commence certainement à inquiéter alors qu’on plie bagage pour s’envoler vers le Wisconsin afin de compléter les troisième et quatrième chapitres de la grande finale NBA de 2021.

Depuis la Vallée du Soleil

La machine offensive des Suns roulait à plein régime jeudi soir au Talking Stick Resort Arena, devant une foule à quasi-pleine capacité totalement déchaînée. Cette énergie que leur balançaient les partisans a permis aux Suns de mettre 20 tirs à 3 points durant le match, sur un ahurissant rendement de 50%. Au fil de la soirée, six porte-couleurs des Suns ont inscrit leur nom à deux reprises ou plus dans la colonne des 3 points.

C’est presque du jamais vu; aucune autre édition des Suns n’a réussi l’exploit en séries, et seules deux autres formations l’ont accompli dans l’histoire des finales de la NBA. Les Warriors de Golden State ont répliqué le fait d’armes en 2019 et les Cavaliers de Cleveland réussissaient un record de 24 bombes à 3 points lors de l’étape ultime de 2017.

Les hommes de la Vallée du Soleil étaient tout feu tout flamme alors que le mercure rejoignait les 40° C dans cette région de l’Arizona. Ils se sont construit une avance de 10 points tôt dans la soirée, au 2e quart, à l’aide de prouesses du périmètre pour ne plus jamais regarder vers l’arrière. À titre de note, les Suns n’ont pas connu la défaite lorsqu’ils ont pris les devants par 10 points ou plus lors des présents playoffs (13-0).

Le soleil est une étoile, ou deux

Devin Booker menait la charge avec sept triplés personnels (58.3% de réussite) alors que Chris Paul, Mikal Bridges et Jae Crowder en récoltaient tous trois. D Book s’est illustré grâce à 31 points, 5 rebonds et 6 passes décisives pour un taux de conversion total de 48%, faisant jolie démonstration d’agressivité autant de la mi-distance que de l’arche. Il était brillant.

Lorsqu’on lui a demandé quel conseil lui donnerait le défunt Kobe Bryant à la suite du match #1, Booker a affirmé que le Black Mamba lui dirait « Finis le travail. » On pouvait sentir durant la rencontre que c’était son intention – à lui et au collectif de Phoenix.

CP3 a également mis plusieurs tirs importants pour Monty Williams jeudi, amassant 23 points, 4 rebonds et 8 passes, mais a surpris avec 6 revirements de ballon : quelque chose d’inhabituel pour le Point God. Tout de même, le vétéran est probablement encore en tête de lice pour le titre de MVP des finales, si son club en sort vainqueur.

Oh, et Paul en a d’ailleurs profité pour se hisser parmi le top 10 des meilleurs passeurs de l’histoire en éliminatoires en dépassant la marque de 1040 passes décisives totales établie par Kobe Bryant. Avec 1041 aides, Chris Paul se retrouve juste derrière Scottie Pippen et Steve Nash. Il a encore quelques années devant lui et le meneur de 36 ans pourrait même un jour dépasser son rival Rajon Rondo et s’inscrire parmi le top 5.

  1. Chris Paul – 1041
  2. Scottie Pippen – 1048
  3. Steve Nash – 1061
  4. Larry Bird – 1062
  5. Rajon Rondo – 1136
  6. Tony Parker – 1143
  7. Jason Kidd – 1263
  8. John Stockton – 1839
  9. LeBron James – 1919
  10. Magic Johnson – 2346

Les deux guards n’étaient pas seuls à connaître de bons matchs, car Mikal Bridges a possiblement mis sur pieds sa meilleure prestation en carrière. Ses 27 points représentent un sommet en carrière, pour les séries comme pour la saison régulière. Le troisième meilleur marqueur de la soirée a également capté 7 rebonds et converti 8 de ses 15 tentatives. Mention remise à Deandre Ayton également qui s’est démarqué du côté défensif du ballon avec 3 vols et 2 blocs en plus de 7 rebonds défensifs.

Le Dieu grec seul sur l’Olympe

Parlons de Giannis Antetokounmpo. Le numéro 34 nous faisait oublier hier qu’il réhabilitait toujours une hyperextension au genou il y a de ça moins d’une semaine, lui qui semblait être partout sur le terrain pour Mike Budenholzer. En 40 minutes de jeu, le Greek Freak a monté une performance grandiose de 42 points, 12 rebonds, 4 assistances et 3 (impressionnants) blocs, sur un rendement de 68.2% au tir.

Afin d’illustrer adéquatement l’ampleur de ce qu’a fait Giannis au match #2, voici quelques statistiques intéressantes :

  • Il battait le record du plus de points en un seul quart des finales de la NBA avec 20 – au 3e engagement. Kobe Bryant (2010) et LeBron James (2014) étaient les précédents détenteurs du record avec 19 points.
  • Il est le premier joueur de l’histoire des Bucks avec une récolte de 40 points ou + et 10 rebonds ou + en finale.
  • Les seuls autres joueurs de l’histoire de la NBA à enregistrer 40 points ou + et 10 rebonds ou + lors d’une défaite, en finale, sont LeBron James, Shaquille O’Neal et Charles Barkley.
  • Il y a eu seulement sept autres occasions depuis 2017 où des joueurs ont amassé au moins 40 points lors de la finale, et cinq d’entre elles ont résulté en défaites : Giannis contre les Suns en 2021 (D); LeBron James contre le Heat en 2020 (D); Jimmy Butler contre les Lakers en 2020 (V); Stephen Curry contre les Raptors en 2019 (D); Kevin Durant contre les Cavaliers en 2018 (V); LeBron James contre les Warriors en 2018 (D) et LeBron James contre les Warriors en 2017 (D).
  • Son genou a plié dans le mauvais sens il y a 11 jours…

Alors que Giannis faisait tout en son possible pour revenir dans cette joute, Khris Middleton et Jrue Holiday n’étaient pas là pour l’épauler adéquatement, eux qui n’arrivaient pas à trouver le centre de l’anneau. Ils rataient une panoplie de tirs et d’opportunités au panier qui – en situation cruciale de finale de la NBA – ne devraient pas être manqués.

Middleton a ajouté 11 points, 6 rebonds, 8 passes et 2 vols de ballon à la fiche de match (31.3% du terrain), tandis que Jrue inscrivait 17 points, 5 rebonds, 7 passes, 2 vols et 2 blocs (33% du terrain) dans un effort défensif somme toute de grande qualité.

Or, si les deux stars de second plan poursuivent leur léthargie offensive et leur inconstance personnelle, les assauts contrôlés de la troupe de Monty Williams sauront achever les Bucks plus tôt que tard, peu importe l’apport qu’ils présentent en défense et au chapitre de la fabrication de jeu.

Les probabilités ne sont pas en faveur de Milwaukee, non plus. Il n’y a pas plus que quatre équipes à travers la longue histoire des séries NBA qui sont parvenues à surmonter un déficit de 0-2 dans le cadre des finales. C’est malheureusement dans un tel trou que se retrouvent les hommes du Wisconsin, qui devront imiter les Cavaliers (2016), le Heat (2006), les Trail Blazers (1977) et les Celtics (1969). La barre est très haut.

Tout de même, le leader des Bucks, autant à l’extérieur que sur les parquets, est loin de jeter l’éponge. Antetokounmpo a même défendu l’honneur de son point guard, lui faisant un important vœu de confiance.

« Je sais qu’il sera là lorsque ce sera le plus important et je ne m’inquiète pas (de ses difficultés). » a dit Giannis hier soir au sujet de Jrue Holiday. « C’est un grand joueur de basketball. Il a bien joué toute l’année et il continuera de bien jouer pour cette équipe. »

La série déménage à Milwaukee pour le match #3 qui prendra place au Fiserv Forum dimanche le 11 juillet, à 20h00. Ne manquez pas ce rendez-vous vital pour les Bucks qui tenteront d’acquérir leur premier gain en finale depuis 1974.

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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