Russell Westbrook à L.A. : les Lakers sont-ils favoris?

La plus importante transaction de l’entre-saison s’est produite hier au milieu du chaos du repêchage alors que nous apprenions que Russell Westbrook passerait des Wizards de Washington aux Lakers de Los Angeles. Qu’est-ce que cette acquisition signifie pour LeBron James et sa bande?

D’abord, voici les détails complets de l’échange, rapportés par Adrian Wojnarowski d’ESPN et Shams Charania de The Athletic :

Lakers obtiennentWizards obtiennent
Russell WestbrookMontrezl Harrell
Kyle Kuzma
Kentavious Caldwell-Pope
Isaiah Jackson (22e choix au repêchage de 2021)
Choix de 2e tour en 2024
Choix de 2e tour en 2028

Los Angeles était à la recherche d’un point guard de haut niveau sur le marché des transactions, selon plusieurs journalistes, et c’est ce qu’ils obtiennent en Russell Westbrook, alors que le statut de Dennis Schroder devient encore plus définitif à L.A. Le meneur allemand ira sans doute trouver un contrat qui l’intéresse davantage sous d’autres cieux, après avoir décliné la prolongation de contrat qui s’offrait à lui.

Westbrook a peut-être 32 ans – et en aura 33 lorsque les séries se pointeront le bout du nez – mais le vétéran peut toujours jouer à un degré identique ou similaire à son apogée physique, lorsqu’il le souhaite. Au mieux, il aide le Lakeshow à atteindre les finales de la NBA. Au pire, il enlève un poids des épaules de LeBron et AD grâce à ses talents de fabricant de jeu, sans plus.

Pour la première fois depuis qu’il est débarqué en Californie, le King aura le luxe de jouer « hors-ballon » plus souvent, laissant son meneur de jeu diriger les possessions offensives et endossant un rôle plus près de celui d’un marqueur principal, à l’occasion. Le pick-and-roll entre Westbrook et l’athlétique power forward qu’est Davis est certain de créer des étincelles, aussi. La combinaison de ces trois talents est possiblement, à elle seule, l’arme la plus dangereuse du circuit en transition.

Le hic, c’est qu’à ce point-ci de sa carrière, l’efficacité du Brodie peut faire comme son tir à 3 points : c’est-à-dire varier d’un moment à l’autre. En fait, il est difficile de créer des attentes claires à son égard, puisqu’il est impossible de prévoir exactement quel type d’impact il aura sur le succès de sa nouvelle troupe.

Oui, les rebonds, les passes décisives et les statistiques individuelles incroyables risquent d’être au rendez-vous, mais est-ce que ces chiffres représenteront une production positive pour cette équipe qui n’acceptera rien de moins qu’une présence en finale?

Il est peut-être trop tôt pour évaluer quelle réponse obtiendra cette question. Or, le point guard, ainsi que son nouveau coéquipier LeBron, semblent être tout de même bien heureux de cette réunion. Russ retrouve sa ville natale pour la première fois depuis son arrivée chez les pros en 2008 et James, lui, forme son troisième big three en carrière.

Voici ce que LeBron avait à publier à ce sujet sur sa page Instagram.

Selon Fred Katz et Shams Charania de The Athletic, Westbrook avait « un désir croissant de rejoindre LeBron James et Anthony Davis pour prétendre au titre. » Il en a informé l’organisation des Wizards récemment, admettant que si elle arrivait à dénicher une transaction pour lui, qu’il désirait s’ajouter aux Lakers.

Le Westbeast devient donc le joueur le mieux payé d’Hollywood pour la prochaine campagne, avec plus de 41,3 M$ dus, devant même LBJ (39,2 M$) et AD (32,7 M$). L’état-major des Lakers doit donc débourser un peu plus de 113 M$ que pour son trio d’étoiles. Inutile de préciser, donc, qu’ils se retirent de la course à Kyle Lowry, DeMar DeRozan, Bradley Beal et toute autre vedette qui leur serait disponible au cours de l’été.

La réunion entre les deux meilleurs amis, K-Low et DeMar, devra trouver un terrain d’entente ailleurs, si les deux guards souhaitent toujours se retrouver sous le même toit.

Étant au dessus du plafond salarial d’environ 1 M$ et à près de 23 M$ d’atteindre la taxe de luxe, seulement avec les salaires de ses trois vedettes, Los Angeles ne pourra pas entourer ses titulaires des meilleurs joueurs de second plan au monde. Afin de remplir l’effectif et de remplacer les apports – somme toute importants – de Kuzma, Harrell et KCP, Jeanie Buss et son directeur général Rob Pelinka auront du pain sur la planche.

De plus, il n’y a qu’un ahurissant total de quatre joueurs sous contrats pour 2021-2022 chez les Lakers : LeBron James, Anthony Davis, Russell Westbrook et Marc Gasol. C’est tout.

Dennis Schroder, Alex Caruso, Andre Drummond, Jared Dudley, Wesley Matthews, Ben McLemore et Markieff Morris sont tous des joueurs autonomes sans compensation dès le 6 août au prochain lorsque le marché ouvrira, et Talen Horton-Tucker sera agent libre sous restriction. Ce dernier risque cependant de filer entre les doigts de Rob Pelinka et compagnie, puisqu’ils ne pourront pas lui offrir un contrat suffisamment volumineux.

De plus, Devontae Cacok pourrait se vêtir du Mauve et Or à nouveau dès l’automne prochain s’il accepte son offre de 1,5 M$, Alfonzo McKinnie a 1,9 M$ d’apposés à son contrat pour cette année mais il s’agit d’argent non-garanti et Kostas Antetokounmpo risque fortement de plier bagage pour retourner jouer en Grèce.

Bref, l’allure finale de cette prochaine édition des Lakers nous est tout sauf connue. C’est donc pour cette raison que j’admet qu’il est bien trop tôt pour spéculer au sujet du potentiel de cette formation. Elle risque d’entourer James, Westbrook et Davis de vétérans sous contrats minimaux, de tireurs extérieurs – desquels ils auront grandement de besoin – et de connaître plusieurs modifications en cours de route.

Je ne peux simplement pas m’avancer et dire que Los Angeles est favorite dans l’Ouest, car trop d’incertitude persiste. Et que dire de la défensive? Du spacing? De l’efficacité périphérique? N’oublions pas aussi tous les jeunes clubs émergents de cette conférence…

Westbrook est devenu le premier ancien MVP de l’histoire à se faire échanger trois fois en trois ans, et pour une bonne raison; malgré ses prouesses sur les parquets, il n’a jamais participé à un effort champion en 13 ans de carrière. À cet âge, il vient compléter le pire des big threes qu’a eu la chance de mener LeBron, c’est-à-dire inférieur à James-Wade-Bosh et James-Irving-Love.

Néanmoins, si l’effectif de soutien que les Lakers parviennent à bâtir est adéquat et que les superstars réussissent à demeurer en santé avant et pendant les séries éliminatoires, rien n’est hors de portée des talents générationnels du Lakeshow. Ce monstre à trois tête pourrait bien faire face à celui des Nets de Brooklyn – Kevin Durant, James Harden et Kyrie Irving – dans le cadre de la finale la plus saturée d’étoiles de tous les temps. Il s’agirait également d’un chapitre fort intéressant de la fameuse rivalité Russ-KD, qui croiseraient le fer au sommet. À suivre…

Russell Westbrook, chez les Wizards, lors du calendrier régulier de 2020-2021 : 22.2 PTS, 11.7 AST (#1 de la ligue), 11.5 REB et 31.5% de la ligne des 3 points. Ses statistiques étaient sensiblement les mêmes en cinq matchs de playoffs, mais son efficacité totale a chuté de 44% à 33%.

Laissez-nous savoir en commentaires sur Facebook, Twitter ou Instagram si vous envisagez que le Mauve et Or soulèvera le trophée Larry O’Brien en 2022.

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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