Damian Lillard, seul au monde

Les Trail Blazers de Portland et les séries éliminatoires sont synonymes depuis huit ans déjà et – malgré les doutes constants à l’égard de cette formation – parviennent à s’y rendre coûte que coûte derrière les efforts marqués de Damian Lillard. Mais le leader de ce club ne la pas fait seul, non? Les collectifs des récentes éditions des Trail Blazers aux côtés de Lillard méritent-ils vraiment une part égale de crédit pour cette séquence incroyable (la plus longue de la sorte toujours active dans la NBA), ou est-ce qu’on sur-estime l’apport de ses coéquipiers au fil du temps?

C’est une question d’autant plus pertinente alors que le statut de Dame en Oregon a été remis en question au fil de la présente saison morte, et que ses employeurs n’ont pas monté un cas très convaincant afin d’inciter leur protégé à y demeurer à long terme.

Plusieurs considèrent que Portland n’a pas effectué de signature ou transaction d’envergure suffisante pour réellement faire changer la donne dans le cas de son point guard étoile; si l’objectif est de conserver Lillard à tout prix, ce ne sont pas les récents mouvements d’effectif de l’équipe qui en témoigneront.

Question d’illustrer un peu la situation, les Blazers ont laissé filer cet été : Carmelo Anthony, Zach Collins et Enes Kanter. En revanche, ils ont acquis : Cody Zeller, Tony Snell, Ben McLemore et Trendon Watford, en plus de repêcher Greg Brown III et de prolonger Norman Powell.

Comme bilan d’entre-saison, ce n’est pas si mal. Mais lorsque l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de ta franchise est au centre d’un ouragan de rumeurs, ça laisse les partisans du club sur leur faim.

La plus grosse étincelle qu’a fait l’état-major de Portland cette année s’avère en fait être la signature du nouvel entraîneur-chef de l’équipe Chauncey Billups qui viendra remplacer Terry Stotts, coach de longue date en Oregon ayant connu son lot de succès. Or, même cette entente a fait la polémique auprès des fans de Rip City, mais représente le meilleur espoir de convaincre Lillard de renouveler ses vœux de loyauté.

Tout de même, il faut se demander si les dirigeants de cette concession en phase de semi-transition en ont fait assez – autant en 2021, qu’au cours des six dernières campagnes.

Afin de mieux comprendre comment seul Dame D.O.L.L.A. a été à travers cette période, voici le nombre de joueurs ayant gagné des honneurs ou prix de performance de la NBA en côtoyant la vedette des Trail Blazers, depuis le départ de l’All-Star LaMarcus Aldridge en 2015 :

  • Participant au Match des étoiles : 0
  • MVP : 0
  • Joueur défensif de l’année : 0
  • Sixième homme de l’année : 0
  • Recrue de l’année : 0
  • Entraîneur-chef de l’année : 0
  • Membre d’une équipe All-NBA : 0
  • Membre d’une équipe All-Defensive : 0

Le seul des coéquipiers de Lillard à être passé près d’une mention de joueur étoile est CJ McCollum, son acolyte de backcourt qui récolte en moyenne 22.1 points et 3.7 passes décisives par rencontre depuis 2016. McCollum est l’un des meilleurs shooting guards du circuit depuis plusieurs années et peut marqueur à tous les niveaux, lui qui présente un rendement de 39.8% du 3 points pour sa carrière. Mais est-ce qu’il incarne une deuxième option adéquate pour une équipe digne d’un championnat?

Peut-être pas, mais tout dépend également des troisième et quatrième options.

C’est au niveau de la profondeur, entre autres aspects, que les hommes en cravate de Portland n’ont pas fourni l’aide que nécessitaient Dame et CJ lors de leurs parcours éliminatoires parfois relativement couronnés de succès. Aujourd’hui encore, la deuxième unité du club ne rivalise pas avec celles des meilleures formations du circuit, malgré un cinq partant doué, constitué de Damian Lillard, CJ McCollum, Norman Powell, Robert Covington et Jusuf Nurkic.

Tout de même, depuis 2015, les états-majors des Warriors de Golden State, des Cavaliers de Cleveland, des Raptors de Toronto, des Lakers de Los Angeles et des Bucks de Milwaukee sont tous parvenus à entourer leur superstar primaire de pièces de qualité et à conséquemment soulever le Larry O’Brien; sans compter la super-team qu’ont bâti les Nets de Brooklyn.

Ces regroupements de plus en plus fréquents de gros noms sous des mêmes toits pourraient inciter un joueur aussi talentueux que Damian Lillard à faire pareil, mais ce dernier est demeuré fidèle à l’organisation qui lui a fait confiance au repêchage de 2012. Nonobstant des super-teams et du niveau de compétition extrêmement élevé dans la conférence de l’Ouest depuis six ans, les Blazers ont réussi à faire les playoffs à chaque année (huit saisons consécutives au total), rejoignant même la finale de conférence en 2019.

Logo Lillard est parvenu à accomplir tout ça sans la collaboration d’un autre joueur étoile. Nous n’avons assisté à rien de tel depuis, ailleurs dans la ligue.

Il sera bientôt temps que ses patrons lui procurent du renfort – même s’il s’agit d’une tâche plus difficile pour les équipes de petits marchés comme Portland –, sans quoi l’un des joueurs vedettes les plus fidèles de l’histoire pourrait leur glisser entre les doigts.

Le numéro 0 du club a obtenu les mentions d’All-Star et de joueur All-NBA à six reprises, respectivement, en plus de parader le trophée de Recrue de l’année de 2013. En 2020-2021, à travers 67 joutes, Dame Time a enregistré 28.8 PTS, 7.5 AST et 4.2 REB par match en tirant du terrain à 45%, du périmètre à 39% (en 10.5 tentatives par match) et à 93% des lancers francs.

Mise à jour :

Portland fait également l’acquisition de Larry Nance Jr.

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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