Les Raptors et leur excellent repêchage de 2016

L’art du repêchage n’est pas maîtrisé par tous, mais l’état-major des Raptors de Toronto a le don de faire de bonnes sélections à l’occasion de chaque cuvée de jeunes athlètes qui arrivent en NBA. Alors que plusieurs partisans de la franchise canadienne remettent toujours en question le choix de Scottie Barnes, quatrième au total à l’encan de 2021, effectuons un retour rapide vers la soirée du 23 juin 2016, lorsque certains doutaient également des décisions des Raptors lors de cet unique repêchage.

Même s’il n’a pas foulé les parquets de la grande ligue avant 2017, c’était le polarisant Ben Simmons – aussi l’intrigue de l’été 2021 – qui avait entendu son nom le tout premier lors du repêchage de 2016. La Recrue de l’année pour 2017-2018 devançait Brandon Ingram et Jaylen Brown, choisis par les Lakers et les Celtics, respectivement.

Ce trio a relativement été en mesure de répondre aux attentes après cinq campagnes de disputées dans la NBA. Ils ont chacun au moins une apparition au Match des étoiles à leur CV, et ont contribué à beaucoup de succès pour leur club respectif, même si Malcolm Brogdon les a devancé en 2016-2017 pour devenir Recrue de l’année.

Somme toute, cette cuvée a vu grandir d’excellents joueurs de basketball en cinq ans, ce qui a donné envie au média Bleacher Report de classer les meilleurs produits de cette classe dans un exercice de « re-draft ».

Pour le réseau américain, Simmons trône toujours au sommet, malgré l’ouragan de rumeurs qui l’entoure aujourd’hui, ainsi que ses décevantes performances au fil des plus récentes séries éliminatoires. Tout de même, le point guard de 6 pieds, 10 pouces s’est mérité une place parmi une équipe All-Defensive à deux reprises, parmi l’équipe All-NBA une fois et parmi l’équipe All-Star de l’Est à trois reprises.

Une place surprenante au deuxième rang est accordée au Canadien Jamal Murray, qui s’est probablement mérité cet honneur grâce à ses prestations inoubliables lors de la bulle d’Orlando, en 2020. Le meneur des Nuggets est suivi de Jaylen Brown, Domantas Sabonis, Brandon Ingram et Pascal Siakam.

À titre de rappel, Siakam avait été sélectionné au 27e échelon par Toronto : il a donc agréablement surpris à travers sa carrière avec notamment un titre de champion de la NBA, un trophée de Joueur le plus amélioré, une mention All-Star et une mention All-NBA.

Si cette prise représente un succès incommensurable pour Masai Ujiri, Bobby Webster et leurs collègues, elle n’est pas la seule bonne acquisition effectuée par les Raptors le 23 juin. Ce soir-là, Fred VanVleet (non-repêché) rejoignait Toronto sur une entente minimale à deux volets (G League et NBA), dans une signature qui est alors passée complètement sous le radar.

De jour en jour, d’année en année, Steady Freddy a connu une amélioration soutenue pour contribuer aux efforts des siens lors des moments les plus importants, obtenant même un vote pour le trophée de MVP de la finale en 2019. Désormais point guard titulaire des Raps, VanVleet sera en mesure de viser une première participation au Match des étoiles en 2022, lui qui récoltait en moyenne 19.6 PTS et 6.3 AST par match l’an dernier.

Ces deux membres maintenant très bien établis de l’organisation canadienne ne sont cependant pas les deux seuls hommes à avoir signé un contrat chez les Raptors à l’occasion de cet encan. Jakob Poeltl, tout droit arrivé d’Autriche, entendait son nom retentir au neuvième rang. Il n’est peut-être plus porte-couleurs du We the North, mais son inclusion dans la transaction vers San Antonio pour acquérir Kawhi Leonard en 2018 était essentielle à la conquête du Larry O’Brien.

Force est d’admettre que sans Spicy P, VanVleet et l’échange pour Kawhi – et donc sans le repêchage de 2016 – le championnat de 2019 n’appartiendrait pas à Toronto.

Selon B/R, Poeltl est le 10e meilleur atout du repêchage de 2016, aujourd’hui, grâce à ses prouesses défensives et sa robustesse sous l’anneau des Spurs. Freddy suivait son ami Pascal en 7e place de cette liste, pour totaliser TROIS sélections des Raps dans ce top 10 subjectif.

TROIS.

Et nous parlons ici d’une équipe qui venait tout juste de donner du fil à retorde à LeBron James et les Cavaliers en finale de conférence, quelques semaines avant.

Pas mal pour une formation qui figurait parmi l’élite de l’Est. Alors, est-ce que nous parlerons de la même façon de Scottie Barnes (4e), Dalano Banton (46e) et David Johnson (47e), les nouveaux venus de cet été, dans cinq ans? Seul le temps nous dira si Masai et ses hommes ont frappé dans le mille, à nouveau.

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Liam Houde
Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.
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