Démarrez vos moteurs, les Pistons arrivent

Publié le 29 mai 2022 par Jean-Christophe Dion

Après une décennie parsemée d'échecs, la direction des Pistons de Détroit a décidé de démolir et de reconstruire la structure complète de l'organisation. Deux ans après le grand ménage, la jeune équipe menée par Cade Cunningham arrive à un point crucial du cheminement de la franchise.

Les années 2010 n'ont pas été une période facile pour les partisans des Pistons. L'équipe vivait une crise existentielle de son succès des années 2000, les propriétaires ne voulaient que remplir les sièges, les différents directeurs généraux n'ont pas été en mesure de frapper un seul coup de circuit aux repêchages et les Pistons ont naturellement suivi la même trajectoire que la ville de Détroit; une descente aux enfers alimentée par une gestion malsaine et contre-productive.

La misère est permanente depuis 2008, une défaite des Pistons face aux Celtics en finale de l'Est marque le dernier signe de vie de l'équipe. Durant les trois saisons suivantes, la légende des Bad Boy Pistons Joe Dumars a gâché sa réputation d'un directeur général décent en détruisant le noyau de l'équipe sans pouvoir établir une direction claire par la suite; En échangeant des joueurs en fin de carrière pour d'autres joueurs en fin de carrière, en signant des vétérans à des contrats plus que lucratifs ainsi qu'en repêchant des joueurs à l'inverse de la tendance de la NBA.

En l'espace de cinq ans, Dumars a gardé son emploi et les Pistons sont restés médiocres. Dans ce même laps, les transactions effectuées par la direction ont retardé tout espoir de succès dans un futur proche;

  • 3 novembre 2008: Chauncey Billups est échangé aux Nuggets pour Allen Iverson (54 parties à Détroit).
  • 23 juin 2009: Un jeune Amir Johnson est échangé pour Fabricio Oberto (0 parties à Détroit).
  • 8 juillet 2009: Charlie Villanueva signe pour 5 ans, 37 millions $.
  • 9 juillet 2009: Ben Gordon signe pour 3 ans, 33 millions $.
  • 24 juin 2010: Greg Monroe est repêché septième au total, devant Gordon Hayward et Paul George.
  • 23 juin 2011: Brandon Knight est sélectionné huitième au total, devant Klay Thompson, Kawhi Leonard, Kemba Walker et Nikola Vucevic.
  • 31 juin 2013: Après avoir trouvé Kris Middleton en deuxième ronde en 2012, Dumars l'échange aux Bucks en compagnie de Brandon Knight pour Brandon Jennings (deux saisons et demie à Détroit, sans domicile par après)

Dumars a démissionné la saison suivante, Jeff Bower s'est vu responsable d'assembler un alignement pour atteindre les séries éliminatoires. Avec des pertes financières constantes, les propriétaires des Pistons tentaient seulement d'allonger les ventes de billets.

À son mérite, la formation de Bower ont atteint les éliminatoires en 2016, s'inclinant en quatre contre les champions de Cleveland. L'optimiste était valide, l'équipe était prometteuse, menée par un jeune noyau composé d'Andre Drummond, Tobias Harris, Kentavious Caldwell-Pope, Marcus Morris ainsi que la nouvelle acquisition de Reggie Jackson. Le balayage était prévisible, certes, mais n'était pas du tout à la lumière du 4-0. Détroit s'est inclinée par des écarts de cinq, dix et deux points au cours de la série.

Envahi par les blessures en 2017, Détroit n'a pas fait mieux que le dixième rang dans l'Est. Les espoirs des partisans ont été rapidement détruits et les propriétaires manquaient de patience.

En 2018, l'état major est allé all-in, Tobias Harris a fait ses baggages pour L.A. en échange de Blake Griffin et l'entraîneur de l'année, Dwayne Casey s'est trouvé un boulot à Mo-Town peu après son congédiement des Raptors.

Griffin a connu sa meilleure saison en carrière en 2019, obtenant même des votes au MVP. Encore une fois, les blessures sont venus gâcher les plans d'une équipe déjà douteuse. Le tout était à recommencer. En 2020 les Pistons ont atteint le fond du tonneau et la haute direction s'est vue obligée de recommencer à zéro, littéralement.

L'heureux élu de la reconstruction? Troy Weaver, un assistant de longue date à Sam Presti avec le Thunder et la raison première de la sélection surprise de Russell Westbrook au quatrième rang en 2008.

Son mandat? Présenter une équipe méconnaissable au partisan, s'établir dans la lotterie pour les saisons à venir et assembler un casse-tête pièce par pièce. Un an après son embauche, aucun joueur de l'édition 2020 portait l'uniforme des Pistons.

Lors de son premier repêchage, Weaver a choisi trois joueurs pouvant contribuer à l'instant pour une équipe en situation de restauration. Malgré que Kilian Hayes prend du temps à devenir joueur constamment fiable, Isaiah Stewart et Saddiq Bey ont compensé pour le Français en étant en lice pour les équipes All-Rookie. En dépendant de recrues et de joueurs de rôle, c'est sans surprise que Détroit s'est retrouvée à la course au premier choix.

Après tant de misère et d'attentes, les Pistons ont finalement terminé premiers au repêchage. Ils ont franchi le drapeau damé en sélectionnant un meneur de six pieds six pouces en Cade Cunningham. Un joueur complet, prototype d'une super-étoile et rapidement gravé dans culture de Détroit.

Au cours de la saison recrue de Cunningham, Weaver a continué de modifier son équipe. Le choix de deuxième ronde Isaiah Livers a greffé son tir élite et son gabarit à la formation, Marvin Bagley III s'est amené de Sacramento en montrant des promesses en tant que menace autour du panier et la jeune troupe du Michigan a semblé de plus en plus confortable tout au long de la saison.

Cet été, les Pistons ont tous les outils pour construire une organisation jeune et compétitive. Le cinquième choix au repêchage présente des options à la position de gardes aux côtés de Cunningham. Shaedon Sharpe, Jaden Ivey, Keegan Murray et le Montréalais Benedict Mathurin sont présentement les noms qui circulent à Détroit. Weaver possède également plus 27 millions $ en espace salariale. Il pourra alors attaquer le manque de tir de trois points des Pistons dès le 1er juillet. Sans ignorer l'éléphant dans la pièce, les services de Jerami Grant sont convoités par plusieurs équipes et Weaver se doit de regarder chaque offre à disposition.

Le succès des Pistons ne sera pas immédiat, toute jeune équipe doit faire sa peau et passer les épreuves naturelles d'une organisation de petit marché. Par contre, les modèles sont présents.

Memphis est la preuve que le développement est essentiel pour établir une profondeur, Milwaukee montre avec Giannis Antetokounmpo que la chance d'un projet peut un jour sourire et Phoenix a signé Chris Paul grâce à son jeune noyau incluant Devin Booker en tête d'affiche.

Les chemins sont multiples et celui de Détroit reste à voir, les choix au repêchage doivent mûrir et s'accumuler avant toutes conclusions. Sans oublier l'équipe d'entraîneurs qui se doit de se stabiliser avec l'âge et les absences fréquentes de Dwayne Casey. Le processus de reconstruction est long et tumultueux, l'histoire des propriétaires des Pistons va l'encontre de la philosophie couramment employée. L'essentiel est l'engagement de Tom Gores envers les années à venir.

Si la mission reste verticalement la même à travers l'organisation des Pistons de Détroit, les partisans et la ville seront choyés sous peu.

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Par Jean-Christophe Dion

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