Les insuccès des Américains aux deux récentes Coupes du monde masculines de la FIBA, arrivés septièmes en 2019, puis quatrièmes en 2023, ont forcé LeBron James et cie. à faire appel aux gros cannons afin d’envoyer leur équipe « A », plutôt que « C, D ou E », sur les parquets, comme c’était le cas aux Philippines ces dernières semaines. La poussière du combat Canada/États-Unis étant désormais retombée, plusieurs des lacunes de la formation masculine de USA Basketball ont été mises en évidence par bon nombre d’experts et amateurs, alors qu’on cherche à identifier la source du problème – car ce n’est pas le manque de talent qui a heurté les États-Unis aux récents Mondiaux.
Plusieurs ont d’abord pointé vers les manques de taille, de camaraderie, de continuité, d’expérience en FIBA et de capacités aux rebonds de cette dernière édition de la Team USA. Kyle Kuzma des Wizards de Washington, lui, a soulevé d’intéressants points à cet effet mardi sur sa plateforme X, auxquels Devin Booker a répondu d’un engagement non officiel…
À titre de note, le shooting guard des Suns de Phoenix a contribué aux efforts victorieux de sa nation, lors de la seule occasion où il était vêtu des couleurs des États-Unis, aux Jeux de Tokyo, en 2021. En 21 minutes de jeu par match, Booker a su récolter en moyenne 9.3 PTS en seulement 2.5 tentatives aux 3-points par rencontre à travers ce parcours olympique ultimement couvert d’or.
À Paris, à l’été 2024, D Book aurait l’intention d’endosser un rôle similaire, si on en croit sa publication X en réponse à Kuzma.
« USA Basketball se doit d’aller chercher des stars de la NBA qui savent jouer un rôle. Tout le monde peut être nice avec le ballon dans ses mains, mais est-ce qu’il peut être cool avec [la tâche de] défendre et de rester debout dans le coin pour quelques possessions ? »
Kyle Kuzma, via X
« Je vais le faire. »
Devin Booker, en réponse à Kuzma via X
Malgré son statut acquis de superstar dans son circuit, Booker, 26 ans, est en effet de ces vedettes ayant l’habileté de s’adapter à leur environnement, grâce à un arsenal de talents offensifs. Il peut à la fois porter le chapeau d’expert à 3-points pour un club, celui de premier marqueur de son équipe avec le sang-froid en moments clutchs, ou encore combler la fonction de meneur de jeu.
C’est d’ailleurs cette troisième mission de « pseudo-point guard » qui devrait lui revenir sous Frank Vogel cette saison dans un alignement partant qui inclura également Bradley Beal, Kevin Durant et Deandre Ayton. Plusieurs rapports indiquaient que Phoenix tenterait l’expérience de « Point Book » pour lancer la campagne, test qui s’est avéré fort fructueux l’an dernier à travers quelques essais, en l’absence de Chris Paul.
Rappelons que Paul est passé aux Wizards cet été dans une monstrueuse transaction avec les Suns :
Jusqu’à présent, selon un rapport de Shams Charania de The Athletic, les noms suivants auraient fait démonstration de leur intérêt en vue de représenter les États-Unis aux prochains JO.
- LeBron James, ailier – Lakers
- Stephen Curry, meneur de jeu – Warriors
- Kevin Durant, ailier – Suns
- Jayson Tatum, ailier – Celtics
- Anthony Davis, intérieur – Lakers
- Damian Lillard, meneur de jeu – Trail Blazers
- Kyrie Irving, arrière – Mavericks
- De’Aaron Fox, meneur de jeu – Kings
- Anthony Edwards, arrière – Timberwolves
- Mikal Bridges, ailier – Nets
- Draymond Green, intérieur – Warriors
Ajoutons donc à cette liste le nom de Devin Booker, en soulignant également ceux de Bam Adebayo et Desmond Bane, eux qui généreraient un intérêt important de la part du programme masculin de USA Basketball.
En carrière, Book a été nommé All-Star à trois reprises, joueur All-NBA à une reprise et All-Rookie en 2016. Ses moyennes de carrière en 530 parties jouées incluent 23.9 PTS, 4.0 REB, 4.8 AST et 0.8 STL par joute, sur un rendement true shooting de 57.5% et de 35.6% aux tirs à 3-points.
Même s’ils font appel aux « Avengers » avant Paris 2024, comme l’ont détaillé les rédacteurs du réseau The Athletic, et que Booker fait sa part de sacrifices, les Américains ne se garantissent toutefois pas l’or. Plusieurs facteurs sont à considérer dans l’équation. Voici ce que j’écrivais à ce sujet lundi :
- Un engagement (non-officiel) au mois de septembre – ou au mois d’octobre si ces joueurs en font l’annonce officielle à l’occasion des journées des médias – ne garantit pas une participation en juillet de l’année suivante. Après la déception de 2019 en Chine, bon nombre de stars avaient d’ailleurs partagé leur envie de réparer les erreurs de leurs pairs en jouant à Tokyo. Parmi eux, seul Durant a tenu sa promesse. Certes, ces Jeux avaient été retardés d’un an et des protocoles sanitaires stricts toujours en place – sans oublier la distance avec les États-Unis – ont rendu certains joueurs réticents.
- Le camp d’entraînement de l’Équipe américaine débuterait peu de temps après la fin des séries éliminatoires de la NBA, puis serait suivi de matchs préparatoires dans plusieurs pays, en préparation pour une levée de rideau du 26 juillet 2024. Voilà de quoi faire changer d’avis ceux qui connaîtront des parcours en profondeur durant les playoffs – particulièrement les plus vieux du lot qui ont dû composer avec des blessures au cours des dernières années.
- La première partie du tournoi olympique de basketball aura lieu dans la ville industrielle de Lille, en France, à quelque heures au nord de Paris. L’idée plus « glamour » de connaître une « Last Dance » dans la Ville Lumière n’est donc qu’à moitié véridique.
- N’oublions pas non plus le facteur Joel Embiid, lequel possède une citoyenneté camerounaise, une américaine et une française. Il n’a pas encore décidé quelle nation il voudra représenter à Paris. Les États-Unis et les Français courtiseraient chacun de leur côté le MVP en titre de la NBA – et la France pourrait être redoutable à titre d’hôte au tournoi olympique, ne voulant pas connaître une déception comme à cette dernière CDM et en ajoutant à son effectif les services de Victor Wembanyama, en plus d’Embiid, potentiellement.
- La France a donné du fil à retordre aux Américains aux Jeu de Tokyo, justement : il aura fallu une performance de qualité par les États-Unis et un peu d’héroïsme par KD au match ultime afin de l’emporter, et ce, de façon in extremis. Ces derniers s’étaient également inclinés devant ce même groupe français plus tôt dans la compétition. Sans compter que ce sont les Français qui les ont éliminés en 2019, en quarts de finale.
- Si les États-Unis n’ont pas envoyé leurs meilleurs atouts sur le terrain en Asie cet été, ils n’étaient pas les seuls. Plusieurs formations opposées devaient composer sans leur(s) vedette(s) elles aussi. Il ne suffit que de penser aux absences de Nikola Jokic (Serbie), Giannis Antetokounmpo (Grèce), Jamal Murray et Andrew Wiggins (Canada), Domantas Sabonis (Lituanie), Kristaps Porzingis (Lettonie), Victor Wembanyama (France), Ricky Rubio (Espagne), Goran Dragic (Slovénie), etc.
- Finalement, le bassin de joueurs internationaux de haut niveau ne cesse de croître d’année en année, ce qui a été rendu davantage évident par les belles performances des équipes masculines d’Allemagne, championne du monde, de Serbie, médaillée d’argent, du Canada, médaillée de bronze, de Lettonie, de Lituanie, de Slovénie et plusieurs autres, dans le cadre de la CDM de la FIBA 2023. Les équipes européennes et d’ailleurs dans le monde jouissent souvent de certains avantages que les Nord-Américains n’ont pas toujours : une certaine notion accrue de continuité, de fierté et de fraternité. Parfois, ces facteurs peuvent faire la différence, eux qui son additionnés à plus de joueurs de grande taille, de prouesses intérieures et de QI basket collectif chez ces unités qui connaissent du succès sur la scène internationale.
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