Les Nets coulent et les Celtics prospèrent

Publié le 10 février 2022 par Liam Houde

Les Celtics ont écrasé les Nets à Brooklyn mardi soir par la marque de 126-91, et l'essence de ce match est devenue l'épitomé, le résumé, l'exemple parfait de l'histoire d'ascension et de déchéance qui caractérise respectivement les deux clubs de l'Est depuis quelques semaines. Brooklyn s'enlise, après avoir signé une neuvième défaite consécutive, tandis que Boston fleurit finalement après une campagne entamée de façon plus qu'insatisfaisante.

Les C's se sont peut-être sauvés de la Grosse Pomme avec la victoire en grande partie parce que Kevin Durant, James Harden, Kyrie Irving, Joe Harris, Nicolas Claxton et LaMarcus Aldridge ne répondaient pas présents chez l'adversaire, mais une bonne part du crédit doit être donnée aux ténors du club qui s'appropriaient le gain par leur effort collectif.

Jaylen Brown et Marcus Smart ajoutaient chacun 22 points au tableau en 27 minutes de jeu, alors que Jayson Tatum y est allé de 19. Robert Williams et Al Horford, le frontcourt partant d'Ime Udoka pour la majorité des matchs, ont combiné leurs productions pour inscrire 21 points, 16 rebonds, 8 passes décisives, 2 interceptions et 5 contres; signe de la cohésion que démontre ce duo si complémentaire depuis le début de la saison.

Parmi ce lot, Williams et son amélioration personnelle représentent fort possiblement la note la plus intéressante au dossier des Celtics pour 2021-2022. Et ce n'est pas parce qu'il a augmenté sa production de points par rencontres de presque deux (seulement) en obtenant environ 10 minutes de jeu supplémentaires par soir sous Udoka, en comparaison avec Brad Stevens.

En fait, c'est parce que le pivot agi à titre d'ancre défensive de cette formation qui a grandement resserré la vis dans cette zone du terrain après le changement de calendrier : Boston est le plus efficace groupe défensif de la NBA depuis le 1er janvier. Oui, leur cote défensive (DefRTG) de 102.9 depuis lors est la meilleure marque du circuit durant cette période – elle signifie que les Celtics limitent leurs opposants à seulement 102.9 points marqués en moyenne par 100 possessions, à travers tous les matchs joués dans cette fenêtre.

De plus, les hommes du Massachussetts se sont hissés jusqu'au deuxième échelon de la ligue dans ce palmarès pour l'entièreté de la saison, et présentent une cote ahurissante de 96.5 à leurs 10 dernières sorties, même de 94.3 à leurs cinq dernières.

Qu'est-ce qui explique cette soudaine renaissance?

Après un début de saison à 16-19 (en date du 30 décembre 2021) qui incluait des épisodes de disputes dans les vestiaires entre Smart et ses collègues, on soulevait tout un lot de questions à raison de la chimie vraisemblablement éteinte de ce noyau, en plus de la compétence d'Udoka à son premier rodéo à titre d'entraîneur-chef. Mais tout ça semble être dans le rétroviseur, déjà.

Alors, dans l'exercice de répondre à la question posée plus haut, il se pourrait simplement que le message du coach ait finalement passé, ou que ses jeunes joueurs aient décidé de soudainement donner un effort supérieur en défensive. Or, la réponse n'est pas tout à fait évidente. Cela rappelle les Mavericks de Dallas au début du mois de janvier.

En revanche, ce qui est manifeste, c'est l'amélioration défensive de Time Lord avec ses 2.2 tirs bloqués de moyenne et sa cote défensive personnelle de 102. Il excelle aussi davantage au rebond pour en capter 9.5 par joute, indiquant l'effet qu'à eu son nouveau mentor Al Horford sur lui. Le vétéran récolte lui-même 1.6 contres par 36 minutes, sa meilleure marque depuis 2018.

Chapeau aussi à Smart qui obtient la confiance de son entraîneur cette année pour 33 minutes de jeu par rencontre et enregistre un sommet en carrière de 1.8 interceptions moyennes, étant toujours important dans son rôle de meneur partant aux aptitudes défensives.

Avec leur panier maintenant bien mieux défendu qu'auparavant, et un partage du ballon plus compréhensif entre Tatum, Brown et Smart, le résultat est une fiche de 20-10 en 30 parties, la meilleure cote défensive et le meilleur Net Rating (23.4) de l'année 2022. À titre de note, cette statistique calcule l'écart entre les points marqués et alloués par 100 possessions.

Tout de même, il faudra faire preuve de constance si on souhaite oublier les premiers mois plus laborieux de la campagne et se hisser encore plus haut que notre septième place actuelle dans l'Est, à Boston. Ce dossier est à suivre de près.

De l'autre côté du spectre, les Nets et leur dégringolade au classement peuvent être qualifiés de la plus décevante histoire des dernières semaines dans l'association. Certes, les blessures et absences constantes de gros morceaux de casse-tête font rage à Brooklyn. Mais il en demeure qu'un neuvième revers consécutif – leur première séquence de la sorte depuis 2016-2017 (20-62) – est difficile à justifier.

En 2022, les Nets ont plus de défaites à leur bilan que les Rockets, Pistons, Pacers, Kings, Trail Blazers, Pelicans et le Thunder. Ils sont également devenu la quatrième unité de l'histoire à enchaîner trois défaites de suite par 20 points ou plus, malgré leur dossier neutre ou positif (.500 ou meilleur).

Oh, et ils ont aussi été l'équipe la plus rapide à se creuser un trou de 26 points dans un affrontement, après moins de sept minutes suivant le coup d'envoi. Une liste de records peu enviable, donc.

Si on ajoute à tout ça les rumeurs de transferts qui entourent James Harden, l'absence d'encore plusieurs semaines de Kevin Durant et le statut à temps partiel de Kyrie Irving, on constate bien vite que cette saison pourrait finalement être placée aux oubliettes pour la seconde franchise new-yorkaise – même si bon nombre d'analystes la voyait comme favorite au titre avant d'amorcer le calendrier régulier.

Même avec 38 joutes toujours à faire au calendrier, il est difficile d'imaginer les Celtics et les Raptors, respectivement aux septième et sixième rangs de la conférence Est, céder leur place aux Nets qui occupent aujourd'hui le huitième échelon. Les Hornets (neuvièmes) et les Hawks (dixièmes) sont quant à eux en bonne posture pour grimper encore de quelques places au sein du tableau, particulièrement si les hommes de Steve Nash poursuivent cette léthargie sans leur big three et leur profondeur habituelle.

Malgré tout, une renaissance pourrait toujours survenir si les circonstances sont parfaites et/ou la date butoir des transactions de demain, le 10 février, apporte un vent de changement. Une entente incluant Ben Simmons et James Harden n'aurait pas seulement le potentiel de métamorphoser les Nets de Brooklyn, mais aussi le paysage complet de la NBA.

À lire à ce sujet :

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Par Liam Houde

Liam a gradué en journalisme au Collège La Cité, à Ottawa. Il aime marier son amour de la rédaction avec sa passion pour le basketball et son objectif est de faire du Québec un endroit où ce sport est un élément clé de la culture.

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